Interdire ou autoriser le burkini à la piscine? Une lettre d'Eric Piolle relance la polémique à Grenoble

Le maire de Grenoble Eric Piolle, à la Courneuve, le 11 septembre 2021 - Lucas BARIOULET © 2019 AFP
Le maire de Grenoble Eric Piolle, à la Courneuve, le 11 septembre 2021 - Lucas BARIOULET © 2019 AFP

Le maire de Grenoble, Éric Piolle, relance le débat sur burkini. Dans une longue missive de quatre pages envoyée vendredi au président de la République fraîchement réélu, le maire écologiste dresse une série de thèmes à aborder pour la prochaine mandature. Parmi eux, l'urgence climatique, la réforme des retraites mais aussi la laïcité avec, en filigrane, la question du burkini dans les piscines municipales.

Depuis 2019, la municipalité grenobloise est engagée dans un processus de réflexion sur le règlement intérieur des piscines, et sur l'autorisation ou non de ce maillot de bain couvrant utilisé par des femmes musulmanes. La question doit être au cœur d'un prochain conseil municipal, le 16 mai, rapporte France Bleu Isère.

Ni "injonction", ni "discrimination"

Dans sa lettre au président, s'il ne nomme pas précisément le vêtement, le maire écologiste semble aller dans le sens de son autorisation.

"À Grenoble, nous veillerons à ce qu'aucun règlement intérieur d'aucun équipement public ne constitue une injonction ou une discrimination", écrit Éric Piolle, selon des propos relayés par la radio.

Il reprend ainsi l'argument de certaines associations défendant le port du burkini, le présentant comme une manière pour celles qui l'adoptent de profiter d'un service dont elles seraient privées sans.

Le "burkini n'est pas un problème de laïcité"

Ce n'est pas la première fois que la maire de Grenoble se montre plutôt favorable au burkini. En février 2022, il avait expliqué, sur France Inter, que, selon lui, le "burkini n'est pas un problème de laïcité". "Vous vous habillez comme vous voulez tant que vous respectez les règles d'hygiène et de sécurité", avait-t-il assuré.

Plus récemment, il a soutenu le mouvement des Hijabeuses, des footballeuses qui réclament de pouvoir jouer en portant le voile.

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L'opposition réclame un référendum

Immédiatement, cette prise de position d'Éric Piolle a fait réagir l'opposition grenobloise. À droite, Alain Carignon, ancien maire de Grenoble et figure principale de l'opposition, a ainsi appelé à la tenue d'un référendum sur la question.

"Aujourd'hui Éric Piolle officialise qu'il proposera l'autorisation du burkini dans les piscines le 16 mai prochain au conseil municipal: j'appelle les Grenoblois à venir ce jour-là exiger un référendum. Il n'est pas mandaté pour soutenir l'islamisme politique."

De son côté, le groupe d'opposition gauche au conseil municipal a appelé à maintenir l'interdiction du burkini. "De nombreux élus ont conscience que le burkini n'est ni un simple maillot, ni une tenue de bain comme les autres. (...) Nous appelons donc nos collègues membres du conseil municipal, par-delà nos sensibilités politiques respectives, à se retrouver sur l'essentiel en ne donnant pas leur aval à une décision d'une telle gravité", ont-ils affirmé à travers un communiqué.

En France, plusieurs autres communes ont déjà autorisé le burkini dans le règlement intérieur de leurs piscines, comme Rennes par exemple.

Article original publié sur BFMTV.com

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