Interdiction de la corrida: Aymeric Caron cite Francis Cabrel pour tenter de convaincre les députés

Interdiction de la corrida: Aymeric Caron cite Francis Cabrel pour tenter de convaincre les députés
Le député écologiste Aymeric Caron, affilié à la France Insoumise lors d'une manifestation anti-corrida, le 19 novembre 2022 à Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP
Le député écologiste Aymeric Caron, affilié à la France Insoumise lors d'une manifestation anti-corrida, le 19 novembre 2022 à Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

Un clin d'œil à l'un des classiques de la chanson française. À trois jours de l'étude de la proposition de loi d'Aymeric Caron à l'Assemblée nationale pour interdire la corrida, le texte signé par une centaine d'élus de la Nupes cite une célèbre chanson de Francis Cabrel.

"Je les entends rire comme je râle et je les vois. Danser comme je succombe. Je ne pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe. Est‑ce que ce monde est sérieux?", peut-on lire en préambule.

"Les souffrances d'un taureau"

Sortie en 1994, la chanson qui se met dans la peau d'un taureau en pleine corrida marque l'opposition du chanteur à cette pratique, après avoir assisté à une mise à mort à Bayonne.

De quoi donner des idées au député La France insoumise qui cite dans sa proposition de loi ces paroles qui "déchirent les esprits".

"Elles décrivent l’incompréhension, la lutte et les souffrances d’un taureau qui vit ses derniers instants dans l’arène", souligne encore ce texte.

Une interdiction très hypothétique

Francis Cabrel "nous laisse seuls face à cette vérité inversée: les rôles ont été mal distribués, et le sauvage n’est pas celui qui avait été désigné comme tel", y lit-on également.

L'interdiction de la corrida sera examinée par l'Assemblée nationale jeudi mais son adoption semble très improbable. La commission des lois a donné un avis défavorable la semaine dernière et Renaissance est profondément divisé sur l'opportunité de mettre fin à la mise à mort des taureaux après les combats.

Alors qu'Aurore Bergé avait signé en 2021 une tribune pour mettre fin à cette pratique - alors qu'elle n'était pas encore la patronne des députés macronistes -, le mouvement a choisi de laisser la liberté de vote à ses élus. Quitte à provoquer des grincements de dents.

Des macronistes divisés

Le député Renaissance de l'Hérault Patrick Vignal a par exemple manifesté aux côtés d'élus RN samedi pour supporter ce qu'il qualifie de "pratique culturelle".

"Arrêtons d'humilier les territoires avec des mesures qui n'intéressent personne. On ne peut pas laisser la défense de notre culture au RN ou laisser des bobos parisiens humilier le peuple avec ce genre d'interdiction", s'est défendu le parlementaire auprès de BFMTV.com.

200 élus et responsables politiques ont signé samedi une tribune pro-corrida dans le JDD, dont Christophe Castaner, l'ancien patron des députés Renaissance, Jean-François Mattéi, qui dirige le groupe Modem à l'Assemblée nationale ou encore François Patriat, le numéro un du groupe macroniste au Sénat.

Article original publié sur BFMTV.com