Oui, les interactions sociales sont bien un besoin vital

Johanna Amselem
·3 min de lecture
Man self isolating at home

Selon une étude, les interactions sociales seraient, d’une certaine manière, aussi importante pour l’Homme que le fait de manger.

Une partie du monde vit toujours confinée, des habitants sont contraints à l’isolement loin de leur famille et de leurs amis pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Une situation compliquée à vivre et qui pèse sur le moral des Français. Une nouvelle étude, menée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT, États-unis), dévoile une comparaison étonnante. Les chercheurs ont constaté que regarder des personnes qui s’amusent ensemble alors que l’on est seul, c’est comme voir l’image d’un plat appétissant alors que l’on n’a pas mangé de la journée.

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Ce sont les mêmes zones du cerveau qui sont sollicitées. “Les personnes forcées d'être isolées ont soif d'interactions sociales de la même façon qu'une personne affamée a soif de nourriture. Notre constatation correspond à l'idée intuitive que les interactions sociales positives sont un besoin humain fondamental, et la solitude aiguë est un état aversif qui motive les gens à réparer ce qui fait défaut, semblable à la faim”, résume Rebecca Saxe, professeur John W. Jarve de sciences du cerveau et de la cognition au MIT, membre du McGovern Institute for Brain Research du MIT et auteur principal de l'étude. Les conclusions de cette étude ont été publiées dans Nature Neuroscience.

Trois types d’images

Nous voulions voir si nous pouvions induire expérimentalement un certain type de stress social ou si nous avions le contrôle sur ce qu'était le stress social. C'est une intervention de l'isolement social plus forte que quiconque n'avait tentée auparavant”, explique Rebecca Saxe. Pour cette étude, les chercheurs ont recruté des volontaires en bonne santé, principalement des étudiants, et les ont confinés dans une pièce sans fenêtre sur le campus du MIT pendant 10 heures. Ils n'étaient pas autorisés à utiliser leur téléphone et la nourriture était déposée devant la porte.

Une fois l'isolement de 10 heures terminé, chaque participant a été soumis à une IRM mais, là encore, sans contact social. C’est donc seul que chaque personne a réalisé son examen. Ensuite, les 40 participants ont également respecté un jeûne de 10 heures puis ils ont été scannés tout en regardant des images de nourriture, des images de personnes interagissant et des images neutres telles que des fleurs.

Les chercheurs se sont concentrés sur une partie du cerveau appelée substantia nigra (la substance noire). L’équipe médicale a constaté que la faim ou l’isolement généraient un signal identique de manque dans cette zone du cerveau. De plus, les réactions liées à l’isolement dépendaient de la manière dont les patients évaluaient fortement leurs sentiments de manque de nourriture ou d'interaction sociale. Pour l’avenir, les chercheurs se demandent maintenant si les appels vidéo et autres contacts virtuels peuvent aider à rompre l’isolement.

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