Intempéries dans les Alpes-Maritimes: l'arrivée de l'hiver redoutée dans la Haute-Roya dévastée

S.B.-E.
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Les dégâts provoqués par les pluies et les crues, le 3 octobre 2020 à Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes (Photo d'illustration) - Valery HACHE © 2019 AFP
Les dégâts provoqués par les pluies et les crues, le 3 octobre 2020 à Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes (Photo d'illustration) - Valery HACHE © 2019 AFP

Un mois et demi après les crues du 2 octobre qui ont ravagé des vallées des Alpes-Maritimes, l'eau potable est de retour à Tende, a appris l'AFP ce jeudi auprès du maire du village, qui redoute cependant l'arrivée de l'hiver.

"S'il neige, on est piégé", a déclaré par téléphone à l'AFP Jean-Pierre Vassallo, dont la commune, toujours sans accès routier, a subi des destructions comparées par les autorités à un bombardement. Ces intempéries ont fait neuf morts et neuf disparus dans l'arrière-pays de Nice et de Menton, et condamné la route entre la Côte d'Azur et Turin en Italie.

"On sent que l'hiver approche et d'ici fin novembre, la piste passant par Priora vers Vintimille en Italie ne sera plus praticable", s'inquiète aussi Grégory Bolgari, secrétaire général de la mairie de La Brigue, à 7 km, joint par téléphone.

Ravitaillés au départ par hélicoptère, Tende et ses 2200 habitants dépendent pour s'approvisionner d'un train-wagon montant jusqu'au hameau voisin de Saint-Dalmas-de-Tende. Les marchandises sont déchargées le soir par des bénévoles mais "il faut ensuite grimper un talus qui sera impraticable même en 4x4 s'il neige ou s'il gèle", reprend Jean-Pierre Vassallo.

"A part deux bouchers, on n'a pas de commerces"

Une bonne nouvelle cependant: l'eau est revenue au robinet et est à nouveau potable depuis le 14 novembre sauf dans un quartier mais ce n'est que provisoire. Huit kilomètres de canalisation ont été détruits dans la vallée, selon la Communauté d'agglomération de la riviera française (CARF) qui doit bientôt commencer des réparations définitives. Pour les sinistrés, le retour de l'eau potable change la vie: "On n'a plus à trimballer des bidons", confie Mandy Desmet, 25 ans, pompier volontaire qui élève seule sa fille de 7 ans et lui a fait croire que c'était une sorte de jeu pendant toutes ces semaines sans eau. Elle se plaint, en revanche, que ça reste "compliqué" pour les courses: "A part deux bouchers, on n'a pas de commerces".

Le Dr Thérèse Viallattre décrit une population à bout: "Imaginez, des gens isolés avec un spectacle d'apocalypse, sans possibilité de faire ni douches, ni lessive, ni à manger. Il y a eu un ravitaillement d'eau en bouteille mais limité. Certains se sont rendus à La Brigue pour laver leur linge chez des gens qui ont rendu service".

L'ensemble des dégâts subi par les Alpes-Maritimes le 2 octobre est estimé à deux milliards d'euros par le député et vice-président du conseil départemental LR Eric Ciotti. Le département a récolté 1,5 million d'euros de dons.

Article original publié sur BFMTV.com