Intelligence collective : ces champions de la synchronisation

DAVID FLEETHAM/NATUREPL.FR

Par milliers, ils ondulent à l'unisson sans se heurter ni suivre un leader… Les scientifiques commencent à décrypter les merveilleux ballets des étourneaux ou des nez-rouges amazoniens.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°210 daté juillet/ septembre 2022.

Dans le ciel, des étourneaux forment d'immenses et mouvantes nuées sans jamais se heurter. En mer, les bancs de poissons exécutent d'harmonieuses chorégraphies… "Ces organisations collectives s'observent à toutes les échelles du vivant, des bactéries aux grands mammifères, rappelle Guy Théraulaz, éthologue au Centre de recherche sur la cognition animale à Toulouse. Elles permettent aux individus d'augmenter leurs chances de survie." Regroupés en formation serrée, ils échappent en effet plus facilement aux prédateurs… et explorent un espace de chasse plus important.

Les nuées d'étourneaux demeurent difficiles à comprendre

Mais comment fonctionne cette intelligence collective ? Une question longtemps restée insoluble, tant ces phénomènes s'avéraient complexes à étudier. "Aujourd'hui, les observations faites dans la nature et en laboratoire, combinées avec l'utilisation d'algorithmes d'apprentissage automatique, nous font pénétrer au sein des mécanismes qui permettent à ces animaux de coordonner leurs comportements", souligne Guy Théraulaz.

Si les nuées d'étourneaux demeurent difficiles à comprendre, on sait tout de même depuis 2010 que chaque oiseau se réfère aux sept individus les plus proches, quelle que soit leur distance. Quant aux bancs de poissons, grâce à l'observation en aquarium de petits nez-rouges amazoniens (Hemigrammus bleheri), Guy Théraulaz et son collègue Lesi Liu ont apporté en 2020 une réponse à quelques questions cruciales.

C'est ainsi la distance entre individus qui permet leur alignement : "Quand deux poissons sont séparés d'une distance de deux fois leur corps, ils s'éloignent. Mais ils ont besoin de se rapprocher lorsque la distance entre eux fait six fois leur corps. La distance de confort, c'est trois corps", détaille l'éthologue. L'individu se situe aussi dans le collectif grâce à l'angle sous lequel il voit le poisson le plus proche[...]

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