Installations bâclées, recyclage : le boom incontrôlé des panneaux solaires au Liban

PHOTO JOSEPH EID/AFP

“Face à la crise énergétique, qui s’est juxtaposée à celle du système économique et financier libanais, nombre de ménages et d’entrepreneurs résidant au Liban s’empressent d’installer des panneaux solaires pour avoir du courant lorsque Électricité du Liban (EDL) et les générateurs privés rationnent leur production”, explique le quotidien libanais francophone L’Orient-Le Jour.

Depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), le Liban connaît des coupures de courant quotidiennes en raison de l’incapacité chronique du seul fournisseur public d’électricité du pays, symbole de la gabegie et de la corruption, à répondre aux besoins du pays. Un manque que les particuliers et les entreprises compensent par l’utilisation de générateurs individuels.

Mais depuis le début de la crise économique, il y a deux ans, EDL est en proie à de graves problèmes d’approvisionnement en carburant, qui la contraignent à des délestages encore plus massifs et ne lui permettent de fournir de l’électricité qu’une poignée d’heures par jour. Et le recours aux générateurs est devenu très onéreux en raison de la flambée des prix du mazout qui les alimente.

“Guidées par l’appât du gain”

“Le fait que les déboires d’EDL, combinés à la hausse des tarifs des générateurs, aient favorisé les déploiements des systèmes photovoltaïques au Liban semble a priori une bonne nouvelle. Mais, sur le terrain, la réalité est beaucoup plus contrastée.” La mise en garde vient de Philippe El-Khoury, cofondateur d’une société libanaise spécialisée dans l’installation de panneaux photovoltaïques créée bien avant la crise.

Il craint notamment que “des sociétés guidées par l’appât du gain” qui se sont lancées dans ce marché en pleine expansion n’aient pas “les qualifications nécessaires” pour installer ce matériel et “exposent les acheteurs à des risques d’incendie” ou à d’autres défauts d’installation. Il pointe également du doigt le fait qu’il n’y a pas de véritable filière de récupération ou de recyclage de tous ces composants.

De son côté, Lena Dargham, directrice générale de l’Institut des normes libanais (Libnor), estime que la boulimie libanaise pour les installations photovoltaïques individuelles mobilise des moyens qui auraient pu servir à financer des projets à plus grande échelle, notamment pour renforcer les capacités d’EDL.

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