Instabilité politique, chômage, démographie : ce qu'il faut savoir sur l'Italie avant les élections

Instabilité politique, chômage, démographie : ce qu'il faut savoir sur l'Italie avant les élections

A la veille des élections législatives, gros plan sur l'Italie. Un pays marqué par :
- une instabilité gouvernementale
- une population vieillissante
- une économie contrastée
- le souvenir douloureux du Covid-19

Une instabilité gouvernementale

L'Italie, connue pour son instabilité politique, a connu 67 gouvernements dirigés par 29 personnalités différentes depuis la proclamation de la République en juin 1946, le premier étant le gouvernement de Alcide de Gasperi II, le dernier celui de Mario Draghi.

  • Silvio Berlusconi a été le chef de gouvernement à la plus grande longévité avec 3.291 jours au pouvoir (en quatre gouvernements différents de 1994 à 2011).

  • L'exécutif le plus court a été celui de Fernando Tambroni, 115 jours en 1960

  • La longévité moyenne sur la période d'après-guerre est de près de 400 jours.

  • Alcide De Gasperi détient le record en termes de gouvernements dirigés, huit entre 1945 et 1953.

Une population vieillissante

Surnommée le "Japon de l'Europe", l'Italie est le pays le plus vieux de l'UE avec un âge médian de 47,6 ans, selon Eurostat.

Avec un taux de natalité en berne (1,25 enfant par femme en 2021) combiné à une espérance de vie en hausse (82,4 ans), la péninsule pourrait voir sa population passer de 60 à 47,6 millions d'habitants en 2070, soit une perte de 20%.

Le pays doit aussi faire face à une hémorragie de cerveaux et de jeunes partant travailler à l'étranger. Selon l'Istat, ces évolutions démographiques ont "des conséquences sur le marché du travail et sur la programmation économique future" et mettent à risque "l'actuel niveau de bien-être" du pays, à savoir le financement de son système de retraites et de sa couverture santé.

Un géant industriel aux pieds d'argile

Troisième économie et deuxième puissance industrielle de la zone euro, l'Italie est, selon l'OCDE, le seul pays européen où les salaires ont diminué entre 1990 et 2020 (-2,9%), notamment à cause de la faiblesse de la croissance et de la productivité.

Le taux de chômage en Italie, 7,9%, reste nettement supérieur à celui de la zone euro, qui s'est établi en juillet à 6,6%.

Le taux d'emploi des femmes y est de seulement 55,4%, contre 69% en moyenne dans la zone euro (74,6 en Allemagne et 70% en France). Le pays souffre toujours du fossé entre le nord, riche d'un tissu de PME performantes, et le sud, pauvre et fui par sa jeunesse.

Autre inquiétude, l'Italie croule sous une dette colossale de plus de 2 700 milliards d'euros, soit quelque 150% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce.

L'impact du Covid-19

L'Italie a été un des pays européens les plus frappés par l'épidémie de Covid-19. A ce jour, on estime qu'il y a eu 22 241 369 contaminations en Italie (sur une population de 60 millions d'habitants). Surtout, le pays a enregistré 176 775 décès depuis le déclenchement de l'épidémie à l'hiver 2020. La péninsule italienne est le pays européen le plus durement éprouvé (en terme de décès), derrière le Royaume-Uni (207 375 décès).

L'Italie aura aussi été le premier pays européen à se confiner, pour tenter de contenir la progression du virus. Villages entiers mis en quarantaine, cortèges de cercueils dans des camions militaires... Ces images ont durablement marqué les esprits des Italiens.

Cette crise sanitaire a eu un impact retentissant sur l'économie : le pays a enregistré un effondrement de près de 9% du Produit intérieur brut (PIB) en 2020. La fermeture des frontières a engendré un plongeon de l'activité touristique, un des piliers économiques du pays. Plus largement, la pandémie a révélé les lacunes dans les services publics italiens.