Insectes : l'avenir est au biocontrôle

Son principe, qui repose sur des méthodes naturelles, a pour but de réguler les populations d'insectes agresseurs.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°903, daté mai 2022.

Le biocontrôle utilise des méthodes naturelles pour réguler les populations d'insectes. La technique principale consiste à brouiller les phéromones sexuelles pour que mâles et femelles ne puissent pas se rencontrer. Et ça marche !

La piste de la confusion sexuelle

Le 28 février, le laboratoire d'entomologie Flor'Insectes, en Seine-Maritime, a présenté à quelques dizaines de viticulteurs d'Alsace les résultats de ses inventaires de populations d'insectes après deux années de "traitement" de leurs vignes par confusion sexuelle. Le constat est éclatant : 85 % des insectes récoltés sont des auxiliaires permettant à Vitis vinifera de lutter efficacement contre ses maladies.

Les phéromones appliquées sur les parcelles sont brevetées par le groupe chimique allemand BASF. "Nous savons que nous devons réduire drastiquement ces phytosanitaires que nous produisons depuis plus d'un siècle ", reconnaît Jean-Marc Petat, directeur scientifique de BASF France. Le groupe n'a pour l'instant exploré que la voie de la confusion sexuelle, qui empêche par exemple la tordeuse de la grappe de trouver des partenaires sexuels dès le début du printemps, perturbant ainsi les pontes d'œufs. La diffusion de phéromones ou de kairomones permet également de prévenir les infestations grâce à des pièges trahissant la présence des premiers envahisseurs, voire de détruire une part importante des populations de ravageurs. La technique du push-pull, enfin, consiste à semer au sein des parcelles des plantes qui repoussent les insectes et en périphérie des végétaux qui les attirent.

Une lente augmentation des surfaces traitées

La pénétration du biocontrôle reste néanmoins très lente. En France, les surfaces traitées sont passées de 20.000 hectares en 2010 à 145.000 hectares en 2021, principalement sur des vignes et des vergers, pour une surface agricole utile totale de 27 millions d'hectares. "Le traitement est de 1[...]

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