"On est inquiets": dans le nord de l'Ukraine, la crainte d'une mobilisation biélorusse

Le président russe Vladimir Poutine accueilli par son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko lors d'un sommet à Minsk, le 10 octobre 2014. - MAXIM MALINOVSKY / AFP
Le président russe Vladimir Poutine accueilli par son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko lors d'un sommet à Minsk, le 10 octobre 2014. - MAXIM MALINOVSKY / AFP

Près de cent jours après le début de la guerre en Ukraine, la Russie est plus isolée que jamais. Mais sur le Vieux continent, un pays garde les faveurs de Moscou. Au nord de l'Ukraine, la Biélorussie de Loukachenko reste proche de Vladimir Poutine et a annoncé avoir demandé à ses forces armées de se déplacer à la frontière.

Au début du conflit fin février, l'opposition biélorusse alertait sur une potentielle intervention de l'armée de Loukachenko en Ukraine. En trois mois de guerre, une telle décision n'a jamais été prise. Mais les annonces de ce vendredi inquiètent les Ukrainiens à quelques kilomètres de la frontière, et ravivent de mauvais souvenirs.

En mars, et pendant une dizaine de jours, les Russes avaient encerclé et occupé certains villages.

"On est inquiets". Je n’ai pas peur pour moi, mais pour ma famille. Il y a des rumeurs qui disent qu’à Brest, ils sont déjà à la frontière, et qu’il y a des chars et de l’artillerie", témoigne au micro de BFMTV Nikolai, habitant de Pakul.

"Nous avons de grandes craintes"

Dans la cour de sa maison, Nadia aussi surveille aussi les dernières informations. "Quiconque viendra de l’autre côté de la frontière ne sera que l’ennemi, et viendra pour prendre nos terres ou nous tuer (...) donc oui, nous avons de grandes craintes", dit-elle.

Car les habitants de Pakul ont déjà vécu l'invasion des Russes, pendant dix jours, fin mars. Olga en est restée traumatisée.

"Tout était si bruyant, il y avait beaucoup de fracas et on s’est dit qu’il se passait quelque chose d’anormal. Quand on est sorti, nous avons vu les tanks et les blindés, qui étaient sur la route", raconte-t-elle.

"Même si nous n’avons pas eu beaucoup d’interactions avec les Russes, tout le village était apeuré. Puis ils nous ont dit : 'personne ne sort de chez soi'. C’est par miracle que notre village est resté indemne", explique Olga.

"Nous sommes prêts à repousser toutes les attaques de l’ennemi"

Face à la menace biélorusse, la région se prépare. Les forces ukrainiennes ont coupé plusieurs routes pour ralentir voire empêcher une éventuelle progression de l'armée biélorusse.

En cas de danger, les habitants feront face. "Nous sommes prêts à repousser toutes les attaques de l’ennemi", prévient Tatiana Boyko, cheffe du département de l'information à la mairie de Slavoutych.

Article original publié sur BFMTV.com

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