Coronavirus au lycée: inquiets, ces lycéens bloquent leur établissement

Pierre Tremblay
·Journaliste
·3 min de lecture

CORONAVIRUS - Ils craignent de “mettre en danger” leur famille. Mardi 3 novembre, plusieurs lycées ont été bloqués en France pour protester contre les précautions sanitaires jugées insuffisantes pour enrayer la propagation de l’épidémie de Covid-19.

Dans la capitale, ces perturbations ont affecté “une dizaine d’établissements”, selon le rectorat de Paris, conduisant dans certains cas à des interventions policières.

Au lycée Colbert, dans le 10e arrondissement, les étudiants ont été vigoureusement repoussés par les forces de l’ordre, comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés à l’encontre des élèves.

Pourquoi laisser une classe de 32 élèves ouverte alors qu'on peut fermer un fleuriste? Issa, lycéen

En fin de journée, mardi, la communauté éducative du Lycée Colbert a manifesté dans un communiqué son “indignation” face à ces heurts. “Les policiers ont chargé et frappé des élèves, les ont aspergés de gaz lacrymogène et on vidés leurs gazeuses à bout portant sur certains d’entre eux”, dénonce le personnel de l’établissement, en plus d’évoquer une vingtaine de “verbalisations excessives” d’étudiants pour non-respect du confinement.

Un protocole “inapplicable” ?

Pour cette rentrée en plein confinement, le ministère de l’Éducation a mis en place un “protocole sanitaire renforcé” qui prévoit le port du masque dès le cours préparatoire, des récréations par groupe, des arrivées et départs décalés dans le temps quand c’est possible, ou encore de laisser un mètre entre chaque élève à la cantine.

Mais de nombreux étudiants et professeurs dénoncent tout de même les lacunes de ce protocole et, surtout, les difficultés à simplement le mettre en place.

Dans un communiqué, la fédération de parents d’élèves FCPE Paris 75 a regretté un plan “inapplicable en raison du trop grand nombre d’élèves par classe dans la plupart des établissements”. Les étudiants “sont toujours entassés dans leur classe et ont du mal à comprendre pourquoi une telle promiscuité alors qu’ils sont par ailleurs privés de leur vie sociale”, a ajouté l’association.

Des syndicats d’enseignants comme le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, ont de leur côté déposé des préavis de grève. “C’est inacceptable qu’on ait fait la rentrée dans les mêmes conditions sanitaires qu’au mois de septembre, alors que le virus circulait beaucoup moins alors”, a dénoncé Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU.

Le dédoublement des classes, pour ne pas dépasser un taux de fréquentation de 50% dans les établissements, est notamment préconisé par les syndicats. Mais cette mesure, qui impliquerait davantage de personnels, n’est pas privilégiée par le ministre de l’Éducation. “Je ne l’encourage pas car ce n’est pas aussi bien que quand tous les élèves sont là en présentiel. Je veux que les élèves ne perdent pas le fil scolaire”, a justifié Jean-Michel Blanquer sur France Inter.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.