Inonder les plaines... pour sauver Paris

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Un chantier de 360 hectares unique en Europe a débuté, à une centaine de kilomètres à l'est de Paris. Objectif de ce projet inédit : stocker l'eau de la Seine dans des retenues artificielles pour prévenir les crues dévastatrices dans la région parisienne.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°891 daté mai 2021.

Quarante centimètres. Voilà le gain que promet un projet totalement inédit pour faire baisser le niveau de la Seine en plein Paris en cas de crue. Ajoutés aux 60 centimètres écrêtés par les grands lacs de Seine, c'est à hauteur d'un mètre que l'on pourra faire baisser le niveau de l'eau sur les quais de la capitale à l'horizon du milieu du 21e siècle. Ce qui n'est pas rien : la dernière crue de 2018 à Paris a flirté avec les six mètres. Le coût est faramineux : 600 millions d'euros, pour un achèvement au-delà de 2040. Jamais en France, ni même en Europe, une telle entreprise n'avait été envisagée. Mais si les pouvoirs publics ont donné leur feu vert en 2020 c'est qu'avec la première tranche de travaux, estimée à 15,5 millions d'euros d'ici à 2024, les économistes travaillant pour le Programme d'action pour la prévention des inondations (Papi) estiment que, sur cinquante ans, une perte de biens en Île-de-France trois fois supérieure sera évitée. Surtout, le projet est en rupture totale avec le dogme en vigueur depuis le 19e siècle pour réguler le cours de fleuves, à savoir la mise en place de barrages : l'heure est à la réalisation d'ouvrages plus respectueux de la nature, une notion qui sera au cœur des débats du prochain sommet mondial consacré à la biodiversité.

Cop15 : sauver la biodiversité

Initialement prévue en mai à Kunming (Chine), la Cop15 vient d'être reportée au mois d'octobre. Les 195 États signataires de la convention sur la biodiversité doivent s'y donner pour objectif commun de stopper la destruction des milieux naturels et la disparition des espèces animales et végétales d'ici à 2030. Les "solutions basées sur la nature" font partie des outils proposés par l'ONU. Plutôt que de contraindre fleuves, sols et reliefs, il s'agit d'utiliser au mieux les services rendus par la nature : épuration des eaux, lutte contre les inondations, régulation des pathogènes et ravage[...]

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