Les inondations seront pires en 2030, mais pas à cause de la Lune

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La Lune a un impact bien connu sur le niveau des marées, mais c'est le réchauffement climatique qui sera à l'origine de ces futures inondations. (Photo: DAVID GRAY via AFP)
La Lune a un impact bien connu sur le niveau des marées, mais c'est le réchauffement climatique qui sera à l'origine de ces futures inondations. (Photo: DAVID GRAY via AFP)

SCIENCE - Il ne manquait plus que ça. Depuis quelques jours, l’information est partout: selon la Nasa, les inondations vont s’accentuer dans les années 2030 et c’est une oscillation de la Lune qui serait responsable.

En effet, la Nasa a mis en ligne le 7 juillet un article évoquant une étude publiée dans Nature. Celle-ci explique que les inondations -non pas celles en Europe comme en Allemagne ou en Belgique - mais sur les côtes américaines devraient atteindre des records d’ici une dizaine d’années.

Mais si l’article évoque bien un “cycle lunaire”, le véritable coupable, c’est le réchauffement climatique. “Le cycle de la Lune, ça fait des millénaires que c’est comme ça, c’est connu depuis les Grecs et aujourd’hui, on sait exactement le calculer. La seule chose nouvelle, c’est la montée du niveau de la mer, due au réchauffement climatique”, explique au HuffPost Éric Lagadec, astrophysicien et président de la Société française d’Astronomie et d’Astrophysique.

Un cycle lunaire de 18,6 ans (très) régulier

En effet, l’article de la Nasa évoque bien ce cycle lunaire... mais simplement pour rappeler quelque chose de bien connu des chercheurs. “Toutes les 18,6 années, le plan de l’orbite de la Terre et celui de la Lune sont alignés. On s’en rapproche donc pendant 9 ans et on s’en éloigne pendant 9 ans”, résume Éric Lagadec. Et en fonction de si on s’approche ou s’éloigne, cela diminue ou augmente l’ampleur des marées.

Ce cycle lunaire, découvert scientifiquement en 1728, n’est ni nouveau ni dangereux. D’ailleurs, en 2015, on parlait déjà d’une “marée du siècle” et on expliquait que la prochaine aurait lieu en 2033.

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Aujourd’hui, nous sommes dans la phase du cycle où les marées sont plus amplifiées, note la Nasa. Mais cela ne veut pas dire que des inondations spécifiques vont avoir lieu sur les côtes.

Car aujourd’hui, si le réchauffement climatique a commencé, l’impact sur la hausse du niveau de la mer est encore réduit. Par contre lors du prochain cycle, dans les années 2030, les choses seront différentes.

De nouveaux extrêmes à venir

Le graphique ci-dessous, réalisé par les auteurs de l’étude, l’explicite bien. La ligne noire représente la hauteur maximale des marées dans le temps. Les vagues sur la courbe sont justement dues à ce cycle lunaire bien connu mais ces vagues ne changent pas d’ampleur.

Le problème, c’est qu’en parallèle, le niveau de la mer va monter à cause du réchauffement climatique. La ligne bleue représente la hausse moyenne du niveau de la mer prévue par les modèles si rien n’est fait.

La conséquence, c’est que si le niveau moyen augmente, les pics dus au cycle lunaire vont aller de plus en plus haut: c’est la courbe orange.

La montée des eaux va entraîner des marées de plus en plus hautes quand la Lune et la Terre s'alignent. (Photo: Nature / . Sweet, W. et al.)
La montée des eaux va entraîner des marées de plus en plus hautes quand la Lune et la Terre s'alignent. (Photo: Nature / . Sweet, W. et al.)

C’est la même chose pour les canicules. Celles-ci vont être plus fréquentes et intenses: la température moyenne augmentant, les phénomènes météorologiques à court terme permettront de nouveaux records. En clair, l’exception de 2003 deviendra classique et des degrés encore inimaginables seront atteints.

Dans l’étude sur les marées, les chercheurs se sont concentrés sur les côtes américaines. On ne parle pas ici d’inondations gigantesques, mais de petits débordements. Sauf que ceux-ci pourraient s’accumuler et se multiplier, causant de graves problèmes sans être aussi impressionnants que les crues que l’on voit ces derniers jours.

Selon leurs calculs, les futures “marées du siècle” pourraient entraîner des inondations sur la plupart des côtes américaines dès la prochaine décennie. Seules les terres les plus au nord (notamment l’Alaska) seront protégées “en raison de processus géologiques de long terme”. En tout cas, jusqu’au prochain cycle lunaire, car d’ici là, l’eau aura continué de monter.

À voir également sur Le HuffPost: Pourquoi les scientifiques scrutent les éclipses solaires

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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