Berlin veut améliorer ses alertes-inondations face aux critiques

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Le gouvernement d'Angela Merkel a promis lundi d'améliorer le système national d'alerte-catastrophe mis sévèrement en cause suite aux inondations en Allemagne, dont le bilan s'est encore alourdi à au moins 165 morts.

Ces crues qui ont particulièrement frappé les régions de l'ouest de l'Allemagne constituent la plus grande catastrophe naturelle de l'histoire récente du pays.

Pour reconstruire les infrastructures régionales, les aides de l'Etat fédéral s'élèveront probablement à "plusieurs milliards" d'euros, a aussi confirmé le ministre de l'Intérieur Seehofer en déplacement dans la commune de Bad Neuenahr-Ahrweiler, une des plus touchées.

A l'extérieur de cette cité martyr de près de 30.000 habitants, un aérodrome sert désormais de base pour les hélicoptères qui évacuent notamment les cadavres des victimes retrouvées dans les décombres.

Face au terrible bilan humain, le ministre a réfuté les accusations de défaillance des mécanismes d'alerte de la population, qui se multiplient depuis le week-end.

"Les alertes ont fonctionné sans problème technique", a-t-il défendu à propos des applications pour téléphones portables ou des messages envoyés aux médias, précisant cependant ne pas "exclure que nous devions améliorer certaines choses" à l'avenir.

Une porte-parole du gouvernement allemand, Martina Fietz, s'est montrée elle plus claire.

"Les expériences que nous avons faites lors de cette catastrophe montrent que nous devons faire davantage et mieux", a-t-elle admis.

Et le candidat des conservateurs à la chancellerie, Armin Laschet, a promis "une meilleure prévention" qui sera discutée dans les prochains jours entre les régions, les communes et l'Etat fédéral.

- Bataille de sirènes -

La protection civile allemande est en particulier accusée de ne pas avoir averti suffisamment vite les populations concernées dans les zones inondables de la gravité des crues.

Mais les crues ont entraîné des coupures d'électricité massives et fait tomber des antennes de télécommunication, empêchant des habitants de recevoir à temps les messages.

Lundi, le président de la protection civile Armin Schuster a plaidé sur la radio publique pour "le retour des bonnes vieilles sirènes", afin de ne pas se reposer uniquement sur des outils numériques.

Le hic: ce système de sirène, héritage de la guerre froide pour alerter en cas d'attaque nucléaire notamment, avait prouvé son inefficacité en septembre 2020, quand un grand test au niveau national avait tourné au fiasco.

Certaines ne s'étaient pas déclenchées en raison de problèmes techniques, et des communes les avaient tout simplement enlevées, les jugeant inutiles.

- Les recherches continuent -

Un débat est aussi engagé sur la répartition des compétences en matière de protection civile dans ce pays fédéral, où les régions sont censées être en première ligne.

La candidate des Verts à la chancellerie, Analena Baerbock, a notamment exigé un renforcement "massif" de la prévention des risques, où l'Etat fédéral "doit jouer un rôle de coordination beaucoup plus fort".

M. Seehofer a opposé une fin de non-recevoir : "il serait totalement inconcevable qu'une telle catastrophe puisse être gérée depuis un seul endroit", a-t-il jugé lors d'une visite dans le canton d'Euskirchen, en Rhénanie-du-nord-Westphalie.

Le bilan des victimes ne fait lui qu'augmenter: la Rhénanie-Palatinat, région la plus touchée, compte désormais 117 morts et 749 blessés, selon la police.

"Nous n'avons pas encore été dans toutes les maisons donc nous devons supposer que nous trouverons plus de morts" encore, a prévenu le ministre régional de l'Intérieur, Roger Lewentz.

Quelque 170 personnes étaient encore portées disparues dans la région, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la police de Coblence, qui peine encore à joindre certaines personnes en raison des perturbations du réseau téléphonique.

En Rhénanie-du-nord-Westphalie, le dernier bilan fait état d'"au moins" 47 morts, tandis qu'un décès était à déplorer en Bavière, dans le sud du pays, touchée par d'importantes inondations ce week-end.

Les violentes crues de la nuit du 14 au 15 juillet ont aussi touché le Luxembourg, les Pays-Bas, et la Belgique. Dans ce pays, elles ont fait 31 morts et 70 personnes sont toujours portées "disparues ou injoignables", portant le bilan total à 196 victimes en Europe.

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