Inhumation au temps du Covid-19 : le difficile retour des corps au pays natal

Michel Lachkar

Le Maroc, la Tunisie ou encore le Sénégal ont suspendu, voire interdit, les rapatriements des corps de leurs ressortissants morts du Covid-19 à l’étranger. Déjà en temps ordinaire les procédures sont extrêmement strictes. Mais aujourd’hui, avec l'épidémie et l’arrêt des vols internationaux, elles sont quasi-impossibles. De nombreuses familles endeuillées sont plongées dans une double détresse : outre la mort en elle-même de leur proche, elles se retrouvent dans l'incapacité de lui faire l'adieu qu'elles souhaiteraient. L'impossible rapatriements des défunts dans leur pays d'origine se conjugue à l’obligation d’une inhumation rapide dans la religion musulmane.

C'est un vrai problème car, à ce jour, il y a plus d’Africains qui sont morts en Europe ou aux Etats Unis que sur le continent lui-même. Pour le Maroc, 387 ressortissants sont décédés en Europe contre 174 dans le royaume chérifien. Habituellement, 70% des familles marocaines rapatrient leur morts. De même, plusieurs dizaines de Sénégalais ont été emportés par le Covid-19 aux Etats-Unis, en Italie, au Brésil. Rien que pour la France, 45 sont morts contre 11 officiellement à ce jour au Sénégal.

Certificat de non-contagion

En temps normal, il existe déjà des procédures administratives longues et fastidieuses, sanitaires, de transit aérien, qui peuvent durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Pas de rapatriement possible, (...)

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