INFO M6 - Terrorisme : Sid Ahmed Ghlam visait des églises de Villejuif

Est-ce une incroyable maladresse qui a permis aux policiers de découvrir qu'une attaque d'ampleur visait plusieurs églises de Villejuif (Val-de-Marne) ?

L'affaire remonte à dimanche dernier. Selon nos informations, Sid Ahmed Ghlam a appelé le SAMU à 8h30 après avoir reçu une balle dans la jambe. Il est à terre dans une rue du XIIIe arrondissement de Paris. Les secours recueillent alors ses premières explications confuses. Cet étudiant en informatique de 24 ans affirme avoir été victime d'une tentative de racket qui aurait mal tourné.

L'arme volée d'un policier retrouvée

Sur place, les policiers, sceptiques, remontent les traces de sang jusqu'au véhicule de Sid Ahmed. Ghlam. A l'intérieur de la voiture, ils découvrent des brassards de la police, une arme automatique de type kalachnikov, et un Sig-Sauer SP 2022, une arme qui s'avère, après enquête, appartenir à un agent des forces de l'ordre qui l'avait déclarée volée.

Les policiers procèdent alors à une perquisition à son domicile, une chambre universitaire située dans le XIIIe arrondissement de Paris. Ils mettent la main sur trois armes automatiques, une arme de poing, des gilets pare-balles, des gyrophares et des documents sur la propagande djihadiste. Mais surtout des notes manuscrites sur lesquelles sont inscrites les adresses de plusieurs commissariats de la capitale accompagnées d'un mystérieux minutage. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intéreur, a confirmé cette information ce mercredi 22 avril lors d'une conférence de presse. Ecoutez-le.

Des églises de Villejuif visées

Les autorités épluchent alors le compte Facebook de l'individu et découvrent qu'il aurait planifié une attaque contre des églises de Villejuif (Val-de-Marne), le jour même de son arrestation. Le minutage à côté de la liste des commissariats correspondrait de ce fait au temps d'intervention des forces de l'ordre en cas d'attaque.

Le meurtre de la professeure de fitness lié

L'étudiant serait lié au meurtre d'une professeure de fitness, Aurélie Châtelain, abattue par balles dans son véhicule à Villejuif dimanche dernier en début de matinée. Plusieurs éléments permettraient de l'affirmer : une trace ADN du suspect retrouvée dans la voiture de la victime ainsi que la comparaison ballistique de la douille d'une des balles qui a tué la femme avec une arme retrouvée chez Sid Ahmed Ghlam. Le ministre de l'Intérieur a confirmé le lien entre les deux affaires.

L'individu est actuellement en garde à vue à l'Hôtel-Dieu (Paris), dans une salle aménagée pour les blessés. Plusieurs perquisitions ont eu lieu hier chez les proches de l’étudiant, à Saint-Dizier (Haute-Marne). Sa soeur, radicalisée, a été arrêtée par la police.

Connu des services de renseignements

Toujours selon nos informations, l'étudiant algérien en informatique, qui est arrivé en France en 2009 dans le cadre d'un regroupement familial, était connu des services de renseignements. D'après des proches, il aurait émis des velléités de départ pour la Syrie, comme l'a expliqué le ministre de l'Intérieur. Il se serait également rendu en Turquie, pendant une semaine cette année, avant d'être placé en garde à vue à son retour en France puis relâché. A l'époque, il n'y avait pas assez d'éléments pour "justifier l'ouverture d'une information judiciaire", a précisé Bernard Cazeneuve.

La section antiterroriste de la PJ parisienne et la DGSI (Direction générale de la Sécurité intérieure) sont chargées de l'enquête.

La menace terroriste

"Notre pays comme d'autres pays européens fait face à une menace terroriste inédite par sa nature, par son ampleur. Notre vigilance et notre détermination sont totales et constantes", a ajouté Bernard Cazeneuve.
Le Premier ministre Manuel Valls a également rappelé que l'Etat était mobilisé sur le dossier du terrorisme.

 

Azzeddine Ahmed-Chaouch et François Vignolle