INFO M6 - Affaire Michel Polnareff : nos révélations sur ce qui s’est réellement passé

La santé de Michel Polnareff est au cœur d’une polémique. (AFP)

Michel Polnareff a-t-il prétexté une embolie pulmonaire pour faire annuler les deux derniers concerts de sa tournée prévus les 2 et 3 décembre à Paris puis à Nantes ? Son producteur, Gilbert Coullier, doute de cette version. Hospitalisé le 3 décembre, le chanteur assure avoir été malade au point de ne pas pouvoir assurer les deux dernières dates de sa tournée. Les deux clans fourbissent désormais leurs armes en vue d’une procédure d’indemnisation pour les deux événements annulés. M6info a rassemblé en exclusivité des documents qui retracent les 24 heures précédant l’hospitalisation de l’”Amiral”.

Selon le Journal du Dimanche, Michel Polnareff arrive à Paris à bord d’un jet, le 1er décembre. Il est alors traité aux antibiotiques pour une sinusite mais son état n’inspire aucune inquiétude et surtout, il a prouvé la veille encore à Bordeaux qu’il avait toute sa voix.

Arrivé au bar de son palace, The Peninsula Paris Hotel, toujours selon le JDD, le chanteur commande plusieurs cocktails avant de se rendre avec ses proches dans un restaurant parisien, où là, la soirée aurait été plus qu’arrosée. “C’était impressionnant, je ne l’avais jamais vu dans un tel état”, raconte son garde du corps, Freddy Dieng dans le JDD. Faux, répond son attaché de presse Fabien Lecoeuvre dans VSD. “Michel se tenait à son bras parce qu’avec ses lunettes il ne voit pas bien les trottoirs. Comment peut-il dire que Michel piquait du nez dans son assiette alors qu’il n’était pas à notre table ?”, s’insurge-t-il.

Des cocktails et du vin sur la note

Mais le lendemain, 2 décembre, alors qu’il doit se produire le soir-même à la salle Pleyel, à Paris, le chanteur ne se sent pas bien. Fabien Lecoeuvre raconte dans VSD avoir reçu un appel de Michel Polnareff lui disant qu’il ne pourra pas assurer son concert : “je ne tiens pas debout, j’ai de la fièvre, je suis comprimé de la cage thoracique”. “Je l’ai rejoint un peu plus tard au bar de l’hôtel. Michel buvait de l’eau minérale”, poursuit Fabien Lecoeuvre que nous avons joint jeudi. A table, se trouvent également Danyellah la compagne du chanteur et une quatrième personne.

Pourtant, la note que nous avons en notre possession mentionne certes une eau gazeuse (à 12 euros), plusieurs autres cafés et cappuccino mais aussi deux daïquiris (cocktail à base de rhum) et une bouteille de vin du domaine Trapet Gevrey-Chambertin de 2011, facturée 210 euros, pour un total de 362 euros. Fabien Lecoeuvre, qui ne boit pas, s’emporte contre cette note qui “n’est certainement pas celle de leur repas”.

 

Document M6

Les soupçons du producteur

Mis au courant de l’annulation deux heures avant le spectacle, le producteur Gilbert Coullier, qui a écoulé 2.000 billets, voit rouge. Il soupçonne le chanteur de se trouver au bar de son hôtel “à boire un nombre important de boissons alcoolisées”, raconte le procès-verbal de l’huissier qu’il contacte ce soir-là.

Une fois sur place, à 18h31, l’huissier constate en effet que le chanteur est bien au bar avec “un verre rempli”, “en discussion avec deux autres hommes”. Mais l’homme de loi ne vérifie pas s’il s’agit d’une boisson alcoolisée.

Un état de “grand épuisement”

Plus tard, le chanteur rentre dans sa chambre, et appelle SOS Médecins. Le praticien, que nous avons contacté, le trouve “vraiment pas bien”, en état de “grand épuisement” avec “un traitement déjà lourd”. Il pense à l’hospitaliser mais nous confie : “vous savez, avec les stars, c’est compliqué…”. Il lui prescrit un antibiotique et une levure contre les ballonnements. Finalement l’auteur du “bal des Laze” se couche à l’hôtel.

Le lendemain, 3 décembre, le Journal du Dimanche affirme que Michel Polnareff semble en mesure de partir à Nantes pour assurer son concert. Mais tout s’accélère. Selon son porte-parole, le chanteur demande soudain à être hospitalisé. L’attaché de presse indique alors avoir appelé à 13h35 le docteur Philippe Siou pour prendre rendez-vous à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). “A 15h il a commencé une batterie d’examens” se souvient Fabien Lecoeuvre. Dans Le Parisien, il explique néanmoins n’avoir trouvé aucune trace d’alcool dans les analyses de Michel Polnareff.

Un ticket de parking sème le doute

Problème : le communiqué informant de l’hospitalisation du chanteur pour “une importante hausse de tension et une insuffisance respiratoire” a été diffusé par plusieurs sites, dont Le Figaro à 14h22. Or, selon nos informations, le chanteur n’a pas pu franchir la porte de l’hôpital américain avant 15h06,  comme en témoigne son ticket de parking.

Document M6

Un élément confirmé par le GPS du chauffeur VTC qui a conduit Michel Polnareff à l’hôpital et dont le relevé indique qu’il est arrivé à destination, à l’hôpital situé boulevard de la Saussaye à Neuilly, à 15h05 ce 3 décembre. Le chauffeur a lui-même livré une attestation à Gilbert Coullier sur l’heure et la destination où il a déposé l’artiste.

Document M6

“C’est une manipulation”

Or, dans Gala, la compagne de Michel Polnareff raconte que c’est après l’avoir examiné à l’hôpital et “constaté qu’il n’avait pas de sinusite” que le médecin a pris la décision de l’hospitaliser. Une décision pourtant annoncée avant l’arrivée du chanteur à l’hôpital.

Des arguments fallacieux pour Fabien Lecoeuvre : “il y a eu des bavardages et des fuites à l’hôpital sur l’état de santé de Michel avant son hospitalisation. On savait tous qu’il allait très mal. Cette histoire de ticket et de GPS c’est une manipulation pour faire croire que Michel n’était pas malade”.

500.000 euros en jeu

Ce jeudi, Michel Polnareff a pu sortir de l’hôpital pour débuter sa convalescence. Mais la polémique est loin d’être terminée. Son producteur, Gilbert Coullier qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, a admis ne pas avoir payé ses polices d’assurances et devoir près de 250.000 euros pour chacune des deux dates annulées par le chanteur. Il demande aujourd’hui à avoir accès au dossier médical du chanteur ce qui devrait être fait mardi prochain selon nos informations.

A son entourage, il s’est dit prêt à payer si Michel Polnareff avait été réellement victime d’une embolie pulmonaire. Pas dans le cas inverse. En attendant, chacun des deux camps fourbit ses armes et avance des éléments pour appuyer sa propre version…