Inflation, grèves... Après les funérailles d'Elizabeth II, le dur retour à la réalité des Britanniques

Des fleurs et des hommages rendus à la reine Elizabeth II le 20 septembre 2022 à Londres. - ALAIN JOCARD / AFP
Des fleurs et des hommages rendus à la reine Elizabeth II le 20 septembre 2022 à Londres. - ALAIN JOCARD / AFP

Le 9 septembre, au lendemain de l'annonce du décès de la reine Elizabeth II, les syndicats britanniques représentant les postiers et les cheminots annonçaient suspendre leur grève, "par respect" pour la famille royale. 11 jours après cette annonce, et au lendemain des funérailles de la souveraine marquant la fin de la période de deuil national, cette trêve est-elle amenée à durer?

Explosion de la facture d'énergie

Ce qui est certain, c'est qu'après ces presque deux semaines de communion nationale autour de la famille royale, le retour à la réalité risque d'être difficile. Car le pays connaît une situation économique et sociale explosive. En juillet, l'institut de statistique britannique a révélé que les prix avaient bondi de 10,1% sur un an, touchant principalement l'alimentation. Un niveau au plus haut depuis 40 ans.

Dans le domaine de l'énergie, les prix vont augmenter de 80% d'ici le mois prochain, a annoncé l'Ofgem, le régulateur britannique du secteur, avec une facture annuelle moyenne passant de 2252 à 4055 euros. Et d'après une étude de l'université d'York relayée par Le Monde, les deux tiers des ménages britanniques seront plongés dans la précarité énergétique d'ici à janvier 2023.

"Je vais continuer à m'accrocher. Les temps sont durs, je suis mère célibataire, les factures augmentent, les prix de l'alimentation aussi... C'est le cas pour tout", a expliqué au micro de BFMTV Rebecca, une Londonienne rencontrée lundi.

Une hausse majeure des prix qui, bien qu'elle ne se limite pas qu'au Royaume-Uni mais touche à divers niveaux l'ensemble des économies occidentales, vient se coupler outre-Manche à une économie à l'arrêt. Concernant la croissance, l'OCDE prévoyait en juin une progression faible mais positive d'1,6% dans la zone euro, contre... 0% outre-Manche.

Situation politique fébrile

Autant d'éléments débouchant sur un climat social tendu. En-dehors des grèves massives mises en pause suite au décès d'Elizabeth II, les manifestations contre la vie chère se multiplient depuis le printemps dernier. Le 6 juin, c'était au tour du métro de Londres d'être complètement immobilisé face à une grève très suivie.

Pour ne rien arranger, la situation politique reste balbutiante. L'ancien Premier ministre Boris Johnson, qui collectionnait les scandales notamment concernant le non-respect des règles de confinement, a finalement été forcé de démissionner en juillet. Après un été de tractations, c'est finalement son ancienne ministre des Affaires étrangères Liz Truss qui lui a succédé, multipliant lors de la campagne les références à Margaret Thatcher.

Une Première ministre qui doit encore faire ses marques. À peine arrivée à Downing Street le 6 septembre, elle a dû gérer deux jours plus tard la mort d'Elizabeth II, se rendant aux quatre coins du royaume pour assister à diverses cérémonies lui rendant hommage. Les travaux parlementaires ont été suspendus à Westminster durant toute la durée du deuil national.

"Je me sens épuisée"

La mort de cette reine appréciée par la vaste majorité du peuple britannique pourrait venir compliquer les premiers pas de Liz Truss. "Je me sens épuisée, je n'ai pas trop le moral car j'aimais la reine plus que tout", a confié une femme présente aux célébrations nationales à la caméra de BFMTV.

Mais d'autres le promettent, le pays va aller de l'avant, après l'épreuve du deuil vécu comme une communion nationale.

"On est comme ça les Britanniques, on va réagir et aller de l'avant. Tous dans la même direction, chacun à sa place", a juré un certain William à notre micro.

Article original publié sur BFMTV.com