Une infirmière expulsée pendant le Covid, ses propriétaires épargnés par la justice

À la pression de l'épidémie de coronavirus et de la situation des soignants s'est ajouté, dans le cas de Mélina, une expulsion du logement qu'elle louait (image d'illustration). 

JUSTICE - “Vous allez dégager, vous et votre coronavirus...” Fin mars, alors que la France confinée comptait ses morts du covid-19, une infirmière anesthésiste qui luttait en première ligne contre l’épidémie avait dû traverser en même temps une seconde épreuve, un déménagement forcé par ses propriétaire, le “pire moment de l’engagement professionnel de toute une vie”. 

C’est effectivement l’histoire de Mélina, une infirmière installée à Montarnaud, près de Montpellier dans l’Hérault. Pourtant, relate Le Parisien ce mardi 30 juin, la justice a choisi de disculper les fameux propriétaires, assurant n’avoir pas trouvé de lien direct entre la profession de Mélina et son expulsion. 

Le couple -une ancienne employée de banque âgée de 76 ans et un VRP à la retraite de 81 ans- a ainsi été relaxé de pratiquement tous les faits pour lesquels l’infirmière les poursuivait. 

“Ils redoutaient le coronavirus”

Pourtant, à entendre le témoignage de leur ancienne locataire forcément désolée par une telle décision de justice, c’est bel et bien le fait qu’elle se soit retrouvée au contact des malades qui a poussé les propriétaires à les expulser, elle et sa famille. “Ils redoutaient le coronavirus”, affirme ainsi Mélina. 

Au début du confinement, l’infirmière a décidé de rapatrier dans le logement qu’elle occupait avec son compagnon -le rez-de-chaussée de la maison des propriétaires- sa mère et sa fille, ainsi qu’un chien. Elle, de son côté, s’est installée dans le studio de sa fille, plus proche de l’hôpital. Une décision qui ne convient guère aux logeurs, qui s’appuient sur un document stipulant que seules deux personnes et aucun animal sont censées occuper les lieux.

Dès lors, les propriétaires parlent de les “faire dégager”, évoquant une “smala” et des “squatteurs”, rapporte encore Le Parisien, citant l’avocat de Mélina. 

Et le même bâtonnier d’évoquer un harcèlement, des pressions, des photos prises des locataires, des insultes, ainsi qu’une caution conservée pendant trois jours...

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