Infirmière interpellée à Paris: ce qu'elle a déclaré lors de sa garde à vue

Mélanie Bertrand
L'infirmière interpellée à Paris en marge de la manifestation des soignants. - BFMTV

Les images de son interpellation ont été largement commentées. Une infirmière participant à une manifestation du personnel soignant à Paris, a été filmée mardi en train de lancer des projectiles sur la police, puis d'être arrêtée violemment. Elle a ensuite été placée en garde à vue dans un commissariat du 7e arrondissement, où elle a dû s'expliquer sur les jets d'objets à l'encontre des policiers.

BFMTV a obtenu les procès-verbaux de son audition, au cours de laquelle elle revient sur ce geste, mais également sur son interpellation.

"Tout est allé tellement vite"

"En me dirigeant vers le métro, j’ai reçu plein de gaz", raconte l'infirmière aux policiers, "je ne comprenais pas pourquoi nous étions en train d’être gazés. Tout est allé tellement vite. Je suis sous le choc".

Les policiers lui demandent ensuite si elle reconnaît avoir été violente envers les forces de l'ordre: "si vous appelez jets de pierre et de cailloux des violences, oui", déclare l'infirmière, ajoutant toutefois qu'elle était loin des forces de l'ordre et ne lançait que des petits cailloux, ce qui n'aurait pas pu blesser les policiers.

Des plaintes ont toutefois été déposées contre elle par trois policiers exerçant le jour de la manifestation. Elle sera jugée pour "outrages" et "violences sans interruption totale de travail (ITT)" sur personne dépositaire de l'autorité publique, et devra comparaître le 25 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris.

"J'ai craqué"

"J’exprimais une colère , ce n’était pas envers les policiers (...) mais envers l’État qui réprime nos droits. Toutes les promesses de l’État n’ont pas été respectées", explique l'infirmière. Elle décrit également un état de fatigue personnel très avancé, après avoir fait partie des soignants en première ligne dans la crise sanitaire du coronavirus et avoir elle-même contracté la maladie.

"Je n’ai pas eu de vacances depuis Noël, pendant le Covid je faisais des journées de 14h…. Je ne me reconnais pas dans la rage que vous m’avez présenté, je suis une personne calme, posée. J’ai des responsabilités dans mon service, j’ai craqué", lâche-t-elle.

Mais elle revient également sur son arrestation brutale, pour laquelle elle a d'ailleurs porté plainte ce vendredi auprès de l'IGPN (Inspection générale de la Police nationale).

"J'ai été blessée et insultée. J’ai des hématomes aux bras, des blessures au front et au cuir chevelu", raconte l'infirmière, "j’ai été plaquée au sol, j’ai eu de la boue dans la bouche . J’ai été traînée par les cheveux", détaille-t-elle.

Article original publié sur BFMTV.com