En Indonésie, un simulacre de pendaison sur les réseaux sociaux tourne au drame

Photo Dado Ruvic/REUTERS

À Java-Ouest, à la suite de discussions informelles en ligne avec des amis, une jeune Indonésienne de 20 ans, que Kompas désigne par l’initiale “W”, a décidé de filmer le simulacre de sa pendaison.

“Le 1er mars 2023, après avoir préparé tout le matériel nécessaire à la mise en scène, et alors que tous ses camarades étaient au rendez-vous derrière l’écran de leur téléphone portable, W est montée sur une chaise et a mis sa tête dans le nœud du drap suspendu à la ventilation de la porte de sa chambre. Mais son pied a glissé de la chaise, et le simulacre s’est terminé en tragédie”, rapporte le quotidien.

Ses amis, témoins en direct de sa pendaison, ont paniqué. Ils ont accouru sur les lieux du drame et ont aussitôt alerté la police.

Surenchère délirante

Rakhmat Hidayat, sociologue à l’université nationale de Jakarta, analyse ce terrible fait divers comme une surenchère délirante dans les contenus personnels postés sur les réseaux sociaux. Il cite l’exemple de ce jeune déterminé à stopper un camion lancé sur lui à pleine vitesse.

“L’absence de frontières spatiales et d’appréciation visuelle réelle donne au public le sentiment que les réseaux sociaux autorisent toutes les interactions, aussi absurdes soient-elles. Dans le cas de W, si nous pensons rationnellement, ses amis auraient dû lui interdire de faire cette mise en scène macabre”, estime le sociologue interrogé par Kompas.

Mais ces contenus ne se terminent pas toujours de manière aussi tragique que pour W. Les youtubeurs qui s’en sortent vivants voient s’ouvrir à eux une pseudo-célébrité et les avantages financiers qui vont avec.

Exister et s’enrichir

Kompas suppose que ces jeunes seleb tweet, comme on les appelle en Indonésie, sont majoritairement issus de milieux modestes qui sont obsédés par l’idée d’exister aux yeux des autres et de s’enrichir.

“Ils croient que le caractère extrême de leurs contenus peut être le moyen de stimuler leur ascension sociale, quitte à vivre dans un monde absurde et factice, sans aucune règle, valeur, norme, réglementation et limite.”

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