Indonésie. Rien n’arrête la charia, pas même le Covid-19

Courrier international (Paris)
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Le gouvernement indonésien de la ville de Banda Aceh, sur l’île de Sumatra, a publiquement flagellé deux jeunes hommes accusés de relations homosexuelles. Médias et activistes indonésiens dénoncent des pratiques inhumaines qui risquent de propager le Covid-19 en raison des attroupements qu’elles causent.

“Tandis que MU, 27 ans, est frappé 77 fois avec une canne de rotin, sa mère pleure puis s’effondre avant d’être évacuée par les policiers. Selon elle, son fils est victime d’une calomnie. Il est accusé d’avoir eu des relations homosexuelles avec AL, 29 ans, dans la chambre qu’il loue en ville, rapporte le quotidien Kompas. Ce sont les voisins qui ont dénoncé le couple à la police de la charia. Pour sa mère, MU est un garçon droit qui est parti travailler à Banda Aceh pour soutenir ses parents restés au village en leur envoyant tous les mois son salaire.”

Ce même jeudi 28 janvier, un homme et une femme, accusés de ikhtilat, c’est-à-dire de “fornication”, ont reçu respectivement 20 coups de canne de rotin ; et deux hommes, 40 coups chacun pour cause de khamar, “abus d’alcool jusqu’à l’ivresse”.

Aceh, dans le nord de l’île de Sumatra, est la seule province indonésienne qui applique depuis 2004 le Qanun Jinayat. Ce code criminel islamique punit de châtiment public l’homosexualité ainsi que les relations sexuelles hors mariage, la pratique du jeu et la consommation d’alcool.

“Pratiques cruelles”

“Personne ne mérite d’être brutalisé et humilié de cette manière”, a déclaré le samedi 30 janvier le directeur d’Amnesty International Indonésie, Usman Hamid, dans un communiqué cité par le Jakarta Post.Cibler et criminaliser des personnes en raison de leur orientation sexuelle réelle ou imaginaire est inhumain.”

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