Indonésie: la réouverture de Bali aux touristes entre survie économique et controverses

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Après trois annonces repoussées, le jour est enfin arrivé. L’île touristique de Bali en Indonésie commence à accepter de nouveau certains voyageurs étrangers vaccinés en provenance de pays triés sur le volet. Pour l’économie de l’île, qui dépend à 60% du tourisme, c’est une bonne nouvelle et l’on prépare déjà 2022, année où 3,6 millions de visiteurs étrangers sont espérés.

De notre correspondante régionale,

Aller travailler aux champs, se reconvertir dans le bâtiment, vendre des produits faits maison sur les réseaux sociaux … Pendant un an et demi, tous les acteurs du tourisme à Bali ont dû trouver en urgence des alternatives pour subsister, avec l’arrêt net du tourisme de masse venu de l’étranger pendant la pandémie.

Hendra est un des rares guides touristiques francophones de l’île. Il s’estime chanceux d’avoir été relativement épargné par ce coup de massue qui a pris de court bon nombre de ses amis et collègues. « J’ai commencé à être guide en français en 2003, à la sortie du lycée, raconte-t-il depuis son village du nord de l’île. Heureusement je m’en suis relativement bien sorti, car j’avais anticipé. Avant la pandémie, il y a eu l’éruption du Mont Agung et là aussi, on n’a pas beaucoup travaillé. Donc j’ai dit à ma femme, il nous faut une autre activité, si on n’a pas beaucoup de tourisme pour survivre. J’avais déjà ouvert avant la pandémie un petit restaurant balinais et je vais continuer à faire ça pour l’instant. J’attends de voir comment les choses vont évoluer. »

Abandon du secteur agricole

Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, c’est une stratégie que le gouvernement de l’île devrait également appliquer pour Sukma Arida, chercheur spécialiste du tourisme à l’université d’Udayana, au Sud de l’île.

« À chaque fois que le tourisme est en difficulté, c’était déjà le cas avec les attentats en 2002 ou ensuite avec l'éruption du volcan, le gouvernement perd l’occasion de réfléchir à une économie plus équilibrée entre tourisme, agriculture et PME, constate-t-il. À mon avis, la plus grosse erreur de Bali a été d’abandonner le secteur agricole et de se consacrer essentiellement au secteur du tourisme qui est pourtant très dépendant de circonstances extérieures dans son développement à partir des années 1990. C’est dommage, car le secteur agricole est au cœur de la société balinaise, avec par exemple les rituels qui entourent le Subak, une organisation sociale autour de l’irrigation des rizières qui est classée à l’Unesco. »

Dans la presse nationale indonésienne, le chercheur n’a pas manqué non plus de dénoncer « la déification des voyageurs étrangers ». Ces derniers mois, les rares occidentaux restés à Bali grâce à des visas le permettant ou bien au statut d’expatriés, n’ont pas eu très bonne presse. Un certain nombre de journaux ont régulièrement publié les frasques d’étrangers dérogeant aux règles sanitaires. Elle a évoqué par exemple le tournage d’un film X sur une montagne sacrée, cette Américaine qui monnayait ces conseils pour contourner les lois de l’immigration, ou encore ces influenceurs et leurs gags tournés sans masques.

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