En Indonésie, le président Widodo contraint de justifier une hausse des prix de l’essence de plus de 30 %

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“Le samedi 3 septembre à 14 h 30, heure de Jakarta, le gouvernement indonésien a augmenté de plus de 30 % le prix de l’essence subventionnée. Le litre est passé de 7 650 à 10 000 roupies [de 0,51 à 0,68 centime]”, rapporte Kompas. Cette hausse brutale s’est aussitôt répercutée sur les services et les produits de consommation de première nécessité. Des manifestations d’étudiants et d’ouvriers ont éclaté de façon sporadique les jours suivants dans la capitale.

Le Jakarta Post précise que, jusque-là, les importantes subventions dans le secteur des énergies avaient réussi à maintenir l’inflation indonésienne à un faible niveau, “permettant à la Banque centrale de retarder la hausse des taux d’intérêt jusqu’au mois dernier, bien derrière ses pairs régionaux et mondiaux. Le taux d’inflation du mois d’août n’était que de 4,69 %.”

Déconstruire toutes leurs théories économiques

Ce mercredi 7 septembre, soit quatre jours après la hausse du prix des carburants, le président Joko Widodo a reconnu, devant une assemblée de cent économistes indonésiens, que les leviers fiscaux et monétaires actuels étaient incapables de répondre au chaos mondial qui met tous les pays à l’épreuve. Selon Kompas, il les a exhortés à déconstruire toutes leurs théories économiques, se fendant même d’une référence à Abu Nuwas – poète arabo-persan du VIIIe siècle caractérisé par sa rupture avec les thèmes classiques :

“Parce que la situation est anormale, totalement anormale, il faut penser ‘à la Abu Nuwas’, qui, tel le faon agile et malicieux, saute ici et là.”

Au-delà de cette référence littéraire, Joko Widodo a tenté de rassurer les économistes de son pays en vantant la politique de soutien aux industries de transformation grâce à l’arrêt des exportations des matières premières. Il a ainsi annoncé que son gouvernement allait cesser immédiatement les exportations d’étain brut, de bauxite et de cuivre. Il a exhorté les futurs dirigeants indonésiens, qui lui succéderont au terme de son second mandat présidentiel, en 2024, de ne pas avoir peur de conduire une telle politique.

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