Indonésie: le pasteur Yeremia Zanambani a été tué par l'armée en Papouasie

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La Commission nationale indonésienne des droits de l'homme a confirmé lundi que le pasteur papou Yeremia Zanambani a été exécuté par l’armée nationale. Un meurtre que dénonçait depuis mi-septembre plusieurs groupes d'activistes et qui s’inscrit dans une longue liste d’exactions militaires dans la province indonésienne de Papouasie.

Avec notre correspondante régionale à Kuala Lumpur, Gabrielle Maréchaux

C’était un homme d’église connu pour avoir traduit la Bible en langue Moni. Et c’est une balle d’un soldat indonésien qui l’a tué le 19 septembre dernier dans le village de l’ouest de l’île où il prêchait, conclut le rapport de la commission.

Un meurtre qui fait écho à beaucoup d’autres en Papouasie, où le même organe de l’État indonésien a rencensé 10 000 personnes tuées lors des nombreuses opérations militaires qui eurent lieu rien qu’en 1963 et 1998. Car rattachée à l’Indonésie avec un statut d’autonomie spéciale, cette région à majorité chrétienne, et d’une ethnie différente du reste du pays, est depuis 1963 l’objet de revendications d’indépendance et d’insurrections contre l’utilisation des ressources naturelles abondantes.

Dans ce contexte, le rôle des églises catholiques et protestantes a toujours été crucial. Tantôt porte-parole des revendications papoues, tantôt pacificateurs, les hommes et femmes d’église ont toujours été en première ligne de la crise profonde que traverse leur province.