Indonésie: l'armée réprime violemment une nouvelle manifestation en Papouasie

La Papouasie occidentale est secouée par une révolte contre le pouvoir central à Jakarta depuis la mi-août. La population autochtone d'origine, les Papous, multiplient les manifestations pour protester contre des autorités indonésiennes qui les considèrent souvent comme des citoyens de seconde zone. De nouveaux affrontements auraient fait six morts.

Cette fois-ci, c’est dans le district isolé de Deiyai que plusieurs milliers de Papous se sont rassemblés pour contester les traitements racistes dont ils se disent victimes. Une manifestation qui a vite dégénérée, lorsque la police a commencé à lancer des gaz lacrymogènes.

En colère, des manifestants armés de machettes, d’arcs et de flèches se seraient attaqués aux forces de l’ordre. Selon l’armée indonésienne, un soldat serait mort et les affrontements auraient fait plusieurs blessés. Un prêtre local parle lui de six morts parmi les manifestants, victimes selon lui des tirs de l’armée.

1 200 militaires et policiers en renfort

Il y a une semaine, Jakarta avait envoyé 1 200 militaires et policiers en renfort dans cette province pauvre dans l’extrême est de l’archipel, secouée par des émeutes depuis la mi-août.

C’est l’intervention musclée dans un dortoir d’étudiants qui avait mis le feu aux poudres. 43 jeunes Papous avaient été interpellés en se faisant insulter de « singes » ou encore de « cochons ». Depuis, des bâtiments officiels brûlent. De nombreux manifestants réclament l’indépendance de cette province riche en or et en cuivre, annexée par l'Indonésie depuis 1969.