Indonésie: en dépit des mesures de Joko Widodo, le pays entre en récession

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C’est aujourd’hui le quatrième pays le plus peuplé au monde qui entre officiellement en récession. L’Indonésie a vu son économie dégringoler ces six derniers mois. Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie d'Asie du Sud-Est a chuté de 3,49% au troisième trimestre sur un an, après un recul de 5,3% au deuxième trimestre.

Avec notre correspondante régionale à Kuala Lumpur, Gabrielle Maréchaux

Les actions du président indonésien pour éviter que l’économie de son pays ne soit pas trop touchée par le coronavirus n’auront donc pas suffi. Il s’est par exemple refusé à déclarer un confinement général pour ne pas arrêter les activités, ou bien a pu fournir une aide financière conséquente pour permettre aux Indonésiens d’acheter des billets d’avions et encourager ainsi le tourisme intérieur mais l’impact du coronavirus a fini par frapper.

Ce sont les emplois du secteur tertiaire informel, qu’exercent 70 millions de personnes qui furent les premiers touchés, malgré une aide financière temporaire versée en argent liquide. La chute du prix du pétrole et l’arrêt du tourisme international ont ensuite porté un sérieux coup au PIB du pays. Le mot récession a fini par tomber, ce jeudi 5 novembre, dans un rapport de l’Agence nationale des statistiques.

Chute du dictateur Suharto

Dévoilant les derniers chiffres d’une économie morose, il a annihilé également toutes les prédictions du président Joko Widodo,réélu en 2019 avec la promesse de poursuivre la croissance moyenne annuelle de 5% de son mandat précédent, qui avait résisté à plusieurs catastrophes naturelles.

Cette récession réveille aussi de mauvais souvenirs pour la première économie d’Asie du Sud-Est, car la dernière fois que le pays a connu un tel scénario, c’était en 1998, année de la crise économique asiatique. Les mesures d’austérité très dures prises alors avaient fait quitter les bancs de l’école à 5 millions d’enfants et la crise devenue sociale avait précipité la fin du dictateur Suharto.

Si la situation est aujourd’hui moins grave ou durable, avec une économie qui semble avoir désormais laissé le pic du marasme derrière elle, les tensions sociales, elles, demeurent exacerbées, notamment par l’Omnibus Law, une série de lois très controversée. Censées redresser l’économie du pays en attirant les investisseurs étrangers, les assouplissements historiques du droit du travail qu’elles amènent inquiètent sérieusement les syndicats, tout comme l’abaissement des contraintes pour protéger l’environnement.