En Indonésie, arrestation du chef d’un groupe prônant l’établissement d’un califat islamique

Capture d’écran / KOMPASTV sur Youtube

Le leader de Khilafatul Muslimin, un mouvement prônant l’instauration d’un califat islamique transnational, a été arrêté le 7 juin par la police indonésienne. “Abdul Qadir Hasan Baraja a été interpellé après que les images d’un convoi de motos [se déplaçant à Jakarta et] brandissant des bannières prônant l’instauration d’un État islamique sont devenues virales sur les réseaux sociaux”, rapporte le magazine Tempo, qui consacre sa une à cette arrestation.

Abdul Qadir Hasan Baraja a “été [plusieurs fois] condamné pour terrorisme, notamment pour sa participation à l’attentat contre le temple bouddhiste de Borobudur, en 1985”, rappelle le magazine. Baraja est proche d’Abu Bakar Ba’asyir, fondateur de Jamaah Islamiyah et cerveau des attentats de Bali, en 2002. Il crée Khilafatul Muslimin en prison, en 1997, avant d’être libéré en 2000. “Lorsque Daech a été fondé, Baraja a contacté Abou Bakr Al-Baghdadi pour que ce dernier lui prête allégeance, affirmant qu’il avait proclamé le califat avant lui”, raconte Tempo.

La police accuse Baraja de répandre des discours haineux et des informations mensongères pour discréditer le gouvernement. Mais le principal chef d’accusation porté contre lui est la direction d’une organisation “séparatiste” qui aspire à renverser la République indonésienne, laïque et pluriconfessionnelle. Un crime passible de vingt ans de prison.

Mais si Baraja représente une telle menace pour la nation indonésienne, pourquoi les autorités ont-elles attendu toutes ces années pour l’arrêter ? s’interroge le magazine. Selon des juristes et chercheurs cités par le journal, les membres de Khilafatul Muslimin ne prêchent pas la violence ni le séparatisme mais l’unité autour d’un califat, dans le sens religieux et non politique du terme. Les convois à travers plusieurs grandes villes du pays sont organisés depuis 2018, et même plusieurs fois par an dans certaines régions.

Inquiétude croissante

Une source proche de l’enquête a confié à Tempo “que la police avait arrêté Baraja en raison des troubles publics qu’il provoquait et de l’ampleur que prenait son organisation, en particulier dans l’est de l’archipel”. Khilafatul Muslimin compte 12 000 fidèles, des centaines de milliers de sympathisants, et ses propres structures de gouvernance.

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