Une "indignation à géométrie variable": Mélenchon suscite un tollé après son message sur Quatennens

 Jean-Luc Melenchon et Adrien Quatennens en 2020 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP
Jean-Luc Melenchon et Adrien Quatennens en 2020 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

La réaction de Jean-Luc Mélenchon ne passe pas en dehors de La France insoumise. L'ex-candidat à la présidentielle a "salué (la) dignité et (le) courage" d'Adrien Quatennens après que le député du Nord a notamment reconnu avoir giflé sa femme, avec laquelle il est en instance de divorce, et annoncé son retrait de ses fonctions de coordinateur de LFI.

"Adrien décide de tout prendre sur lui", a initialement réagi Jean-Luc Mélenchon, fustigeant "la malveillance policière" et "le voyeurisme médiatique" dans ce "divorce conflictuel", après la révélation par le Canard enchaîné de la main courante déposée par l'épouse d'Adrien Quatennens. À ce dernier, le leader insoumis "dit (sa) confiance et (son) affection".

"Et sinon, Jean-Luc Mélenchon, la dignité et le courage de la future ex-femme d'Adrien Quatennens, vous en faites quoi ?", lui a retorqué le député Bruno Millienne, porte-parole du groupe Modem à l'Assemblée.

"Peu importe le parti", "c'est intolérable"

"Il y a la violence, inacceptable et que rien ne justifie, ni n'excuse jamais", a commenté Aurore Bergé, patronne du groupe LaREM à l'Assemblée nationale. "Pire, il y a l'indignation à géométrie variable. On condamne sans preuve ses opposants politiques et on préfère pardonner, excuser, protéger les siens. Et à la fin, ce sont les femmes qui trinquent."

"Bizarre comme on pardonne à la France insoumise quand c’est l’un des siens et qu’on s’offusque quand c’est chez les autres", abonde la députée Modem Perrine Goulet. "Peu importe le parti et le contexte, gifler une femme, lui confisquer son téléphone, l’empoigner… sont des actes de violences et c’est intolérable."

"Ce n'est pas un conflit, ce sont des violences"

La présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, a appelé Jean-Luc Mélenchon à "se former" sur le sujet des violences conjugales.

"Si une personne de votre entourage reconnaît: des violences physiques (pousser, gifler, frapper, tirer les cheveux), des violences psychologiques (harcèlement par texto, menaces, chantage...) et surtout dans un contexte de séparation qui n’est pas accepté", "ce n'est pas un conflit, ce sont des violences", a-t-elle commenté.

Fondatrice du collectif #NousToutes, Caroline de Haas - soutien de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle - a proposé au leader insoumis une version alternative de son message.

"Les violences au sein du couple sont intolérables, quels que soient les conflits qui existent", a-t-elle écrit. "J’exprime mon soutien à Céline. Je prend acte des excuses et du retrait d’Adrien de ses fonctions au sein du mouvement. Tout mon soutien aux femmes victimes, partout dans le monde."

Jean-Luc Mélenchon publie un second message

Face à ces critiques, Jean-Luc Mélenchon a publié un second message sur son compte Twitter, dans lequel il évoque cette fois nommément Céline Quatennens, l'épouse du député.

"Céline et Adrien sont tous deux mes amis", commente-t-il dans ce nouveau tweet. "Mon affection pour lui ne veut pas dire que je suis indifférent à Céline. Elle ne souhaitait pas être citée. Mais je le dis: une gifle est inacceptable dans tous les cas. Adrien l'assume. C'est bien."

D'autres personnalités vont même, à l'inverse de Jean-Luc Mélenchon, jusqu'à demander un retrait plus large d'Adrien Quatennens. "Il doit désormais se mettre en retrait de la vie publique", a commenté le député Aurélien Taché. "La Nupes doit être exemplaire en matière de lutte contre les violences sexuelles et sexistes."

L'écologiste Sandrine Rousseau l'a également appelé à se mettre "en retrait de toute parole publique", et pas seulement de sa fonction de coordinateur de LFI.

Article original publié sur BFMTV.com