Les Indiens et l’environnement : je t’aime, moi non plus

Photo Sanjib Samanta / Pexels / CC

Des appartements impeccables, mais des rues jonchées d’ordures. C’est un contraste typiquement indien, et un paradoxe qui m’a saisie lorsque je suis arrivée dans le pays. Laissez-moi vous raconter une anecdote en particulier. J’entre dans une petite agence de voyages pour réserver un billet de train, et, souhaitant me débarrasser d’un emballage que j’ai dans les mains, je demande à l’employé où se trouve la poubelle. Pour toute réponse, il me prend le papier, le roule en boule, ouvre la porte du magasin, et… le jette dans la rue.

Paquets de chips et bouteilles vides

Quinze ans plus tard, je me souviens encore de ma surprise. Je précise que ça ne m’est arrivé qu’une seule fois, et, globalement, je trouve les villes indiennes plus propres aujourd’hui qu’à l’époque. Les pouvoirs publics se sont saisis du problème, avec différents degrés d’efficacité, c’est vrai, mais l’on pourrait tout de même citer la grande campagne “Swachh Bharat”, qui signifie “Inde propre”, du gouvernement actuel. Les comportements individuels persistent toutefois : je vois toujours des gens jeter des paquets de chips ou des bouteilles en plastique vides dans la rue.

Les médias, nationaux ou étrangers, rappellent souvent que l’Inde est non seulement un pays pollué mais aussi le troisième pollueur mondial. Troisième, mais à bonne distance cependant du duo de tête, puisque l’Inde émet quatre fois moins de CO2 que la Chine et deux fois moins que les États-Unis. Le pays détient aussi le triste record d’abriter 35 des 50 villes les plus polluées du monde. D’ailleurs, en ce moment, les Indiens observent avec inquiétude le niveau des particules fines dans l’air qui augmente toujours à l’arrivée de l’hiver, notamment à Delhi.

Des décharges à ciel ouvert qui ressemblent à des collines

Tout d’abord, rappelons que la pollution en Inde tient principalement à des facteurs collectifs : utilisation du charbon comme source d’énergie majoritaire (près de la moitié du mix énergétique) ; déchets industriels non traités ; brûlis agricoles ; manque d’infrastructures de traitement des eaux usées ou de gestion des ordures. Au fil des années, certaines grandes décharges à ciel ouvert ont pris des allures de collines hautes de plusieurs dizaines de mètres, et c’est extrêmement impressionnant.

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