Indications, précautions : comment utiliser la spiruline ?

Johanna Amselem
·3 min de lecture

De nombreux Français se tournent vers la spiruline, cette micro-algue riche en protéines. L’Anses alerte sur certains compléments alimentaires.

Cette micro-algue, qui appartient à la famille des cyanobactéries, pousse naturellement dans les eaux chaudes des lacs du Tchad et existe depuis plus de trois milliards d’années. Elle se consomme séchée et se trouve, dans le commerce, sous forme de poudre à intégrer à l’alimentation ou de gélules à prendre directement.

Riche en fer, en vitamines A et E, en protéine, en vitamine B12 et en minéraux et oligo-éléments, la spiruline regorge de bienfaits tout en restant faible en calorie. “La spiruline ou dihé est une algue riche en protéines (60 à 70% de la matière sèche), autrement dit 15g de spiruline contiennent autant de protéines que 100g de bœuf”, détaille l’Unesco. Certaines études ont prouvé que cet “or vert” aidait à réduire le mauvais cholestérol et augmentait le bon. Concernant les bienfaits sur le système immunitaire, des essais ont montré des bienfaits mais d’autres recherches sont nécessaires. De même, d’autres essais sont nécessaires pour déterminer un possible effet cardio-protecteur et un impact sur le diabète grâce à un effet hypoglycémiant.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) alerte sur l’utilisation de ce complément alimentaire : “Plusieurs cas d’effets indésirables survenus à la suite de la prise de compléments alimentaires contenant de la spiruline ont été portés à la connaissance du dispositif de nutrivigilance de l’Anses ou publiés dans des revues scientifiques”. Parmi les effets indésirables rapportés : des troubles digestifs, une allergie, des atteintes musculaires ou hépatiques.

Attention aux cyanotoxines

Au regard des études disponibles, la spiruline ne semble pas présenter de risque sanitaire à de faibles doses (jusqu’à plusieurs grammes par jour chez l’adulte). Néanmoins, les effectifs des études épidémiologiques disponibles sont trop faibles pour mettre en évidence des effets rares tels qu’une hypersensibilité individuelle”, détaille l’Anses. Et de compléter ensuite : “Les produits contenant de la spiruline peuvent en revanche être contaminés par des cyanotoxines (microcystines notamment), des bactéries ou des éléments traces métalliques (plomb, mercure, arsenic)”. Ainsi, l’agence recommande aux consommateurs de privilégier les circuits d’approvisionnement les mieux contrôlés : conformité à la réglementation française, traçabilité, identification du fabricant.

Enfin, l’Anses déconseille la consommation de ces compléments alimentaires aux personnes atteintes de phénylcétonurie (maladie génétique rare liée à l’accumulation de l’acide aminé phénylalanine dans l’organisme) ou présentant un terrain allergique. Pour conclure, les experts précisent que “la spiruline ne constitue pas une source fiable de vitamine B12 pour les populations végétaliennes, celle-ci étant présente dans la spiruline majoritairement sous forme d’analogue inactif. Par ailleurs, la consommation de 5g/j de spiruline (quantité maximale préconisée par certains compléments alimentaires) apporte de 7 à 8,5 mg de bêta-carotène alors que la limite d’apport quotidien en bêta-carotène par les compléments alimentaires a été estimée à 7 mg/j venant s’ajouter aux apports spontanés”.

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