Inde: symbole de Bombay, les «Dabbawallahs» sont au bord du gouffre

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En Inde, ces célèbres livreurs de repas pour entreprises ont vu leur activité réduite à néant avec le confinement en mars. Mais malgré la levée des restrictions, ils peinent à reprendre du service car les employés travaillent désormais à domicile.

De notre envoyé spécial à Bombay, Côme Bastin

Avec leurs tenues blanches, leurs vélos, et leurs boîtes-repas en métal, ils sont un symbole de Bombay depuis plus d’un siècle. Chaque jour, les Dabbawallahs livrent des repas concoctés par des femmes aux foyers. Mais la pandémie de Covid-19 a placé leur profession au bord du gouffre.

« Dès le 18 mars, nous avons suspendu nos services, au vu des risques importants de contagion. Mais nous pensions alors que le coronavirus serait réglé en dix jours. Nos travailleurs se sont donc retrouvés dans une situation très problématique. Tous les Dabbawallahs habitent dans des bidonvilles. Il leur faut payer un loyer, nourrir leur famille », selon Ritesh André, porte-parole de la corporation.

Pour survivre, certains Dabbawallahs se sont mis à vendre des fruits et légumes. D’autres sont rentrés dans la ville de Pune dont ils sont souvent originaires. Mais si le confinement est terminé en Inde, ceux qui restent peinent à reprendre le travail. Un coup dur pour ces vendeurs qui livrent majoritairement à des particuliers dans les entreprises.

« Le 5 octobre, le gouvernement nous a finalement autorisés à réemprunter les trains locaux. Mais aujourd’hui, la plupart de nos clients sont passés au travail à domicile. Donc, où pouvons nous bien livrer nos botes-déjeuners ? Seulement 120 Dabbawallahs travaillent en ce moment, contre 5 000 avant la pandémie », rajoute le porte-parole.

Lui-même fils et petit-fils de Dabbawallahs, Ritesh André a passé un master en finance. Il se consacre aujourd’hui à cette corporation unique au monde pour laquelle il a lancé un site web et prépare une application, en espérant sauver une partie de l’âme de la ville.