Inde: mouvement national contre la suspension du code du travail dans certains États

Les syndicats nationaux indiens mènent ce vendredi 22 mai un mouvement national d’actions dans tout le pays, pour protester contre la suspension du Code du travail.

De notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Près de la moitié des États fédérés viennent en effet de décider de suspendre l’essentiel des réglementations qui encadrent la protection sociale des ouvriers, afin de faciliter la reprise économique après le confinement, et d’attirer les investissements.

Une vingtaine de dirigeants de dix grands syndicats nationaux occupent une petite esplanade de l’est de New Delhi. Les policiers les suivent de près. Un tel rassemblement n’est pas autorisé en ces temps de coronavirus.

«  Dans tout le pays, des travailleurs sont rassemblés depuis 6 h du matin devant les usines pour protester contre l’annulation de toutes les lois du travail », dit l’un d’entre eux.

Mesures radicales de relance de l'économie

Les grands États industriels de l’Uttar Pradesh, du Madhya Pradesh ou du Gujarat, et une dizaine d’autres, ont pris des mesures radicales pour relancer l’économie.

Les droits des syndicats sont réduits, la journée de travail passe de 8 à 12 heures et les accidents du travail ne doivent plus être rapportés aux autorités. Certains changements doivent encore être approuvés par l’État fédéral, qui s’est montré favorable à ces mesures.

« Ils rétablissent les conditions de travail du 19e siècle ! Où les ouvriers sont quasiment des esclaves ! Il est clair que c’est difficile de s’y opposer en ce moment, à cause des restrictions sanitaires, mais les travailleurs ne vont pas accepter cela. On parle de leur vie quotidienne ! », dit K Hemalata, la présidente de la centrale des syndicats indiens CITU.

Les syndicats prévoyaient de mener une grève de la faim pendant toute la journée. Ils sont finalement délogés par les policiers au bout d’une heure.