Inde: des milliers de personnes victimes d'une arnaque au faux vaccin

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Un soignant s'apprête à administrer un vaccin anti-Covid à un homme dans un centre de vaccination à Karachi en Inde le 5 mai 2021 - Asif HASSAN © 2019 AFP
Un soignant s'apprête à administrer un vaccin anti-Covid à un homme dans un centre de vaccination à Karachi en Inde le 5 mai 2021 - Asif HASSAN © 2019 AFP

Plus de 2000 personnes ont été victimes d'une arnaque au vaccin en Inde en mai et juin, dans la région de la ville de Mumbai (ouest du pays), mais aussi à Calcutta (est). Les patients soi-disant vaccinés l'ont été avec une solution saline, ou avec un autre produit, et non avec les produits anti-Covid officiels. Une quinzaine de personnes ont été arrêtées jusque-là.

"Ils utilisaient de l'eau salée et l'injectaient", a déclaré le chef de la police de Mumbai Vishal Thakur, rapporte CNN. "Dans chaque faux camp de vaccination qu'ils tenaient, ils faisaient cela." Les docteurs responsables ont été arrêtés, ils "utilisaient un hôpital qui produisait de faux certificats, flacons, seringues", explique Vishal Thakur.

"On a douté"

À Calcutta, un homme se faisait passer pour un fonctionnaire titulaire d'une maîtrise en génétique, qui aurait dirigé pas moins de huit sites de vaccination frauduleuse. Au moins 250 personnes handicapées et transgenres ont été faussement vaccinées sur un de ces sites. Au total, près de 500 personnes ont été victimes d'une injection de faux vaccins dans cette ville.

L'escroquerie y a été révélée après qu'une actrice et politicienne, Mimi Chakraborty, qui a reçu une fausse dose de vaccin sur l'un de ces sites, a eu des soupçons et alerté la police.

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À Mumbai, les autorités avaient été alertées après des doutes émis par certaines personnes vaccinées sur l'authenticité de leur certificat de vaccination.

"Aucun de nos membres n'a eu de symptômes et nous avons également dû payer en espèces. À ce moment-là, on a douté", déclare à News18 (filiale de CNN en Inde) un des vaccinés, s'inquiétant de la dangerosité potentielle du produit qui lui a été injecté.

De la solution saline et un antibiotique

Des médecins, mais aussi des personnes ne faisant pas partie du personnel soignant, sont soupçonnés d'être à l'origine de cette escroquerie sanitaire. Leur mode opératoire consistait à organiser des centres de vaccination dans des entreprises, avec des doses fournies par la municipalité de Mumbai. La police suppose que dans les premiers temps, les vaccinés ont reçu de véritables doses, explique le Indian Express.

Les doses vides auraient toutefois, dans un second temps, été de nouveau remplies, avec des solutions salines cette fois, qui ont ensuite été injectées. Chaque dose étant facturée entre 800 et 1200 roupies (9 et 14 euros), les bénéfices engrangés atteindraient plus de 20.000 euros.

Du côté de Calcutta, des flacons saisis portaient frauduleusement l'étiquette du vaccin contre le coronavirus d'AstraZeneca, a déclaré à l'AFP Atin Ghosh, policier de la ville. "On a découvert que l'étiquette du Covishield recouvrait une étiquette de sulfate d'amikacine 500 mg, un antibiotique utilisé pour traiter les infections bactériennes des voies urinaires, des os, du cerveau, des poumons et du sang, entre autres", explique-t-il.

Que d'autres "innocents ne soient pas trompés à l'avenir"

Ces accusations sont "très choquantes", a écrit la Cour Suprême de Bombay fin juin, déclarant "espérer" que des progrès soient réalisés dans l'enquête, afin que d'autres "innocents ne soient pas trompés à l'avenir". Le gouvernement indien a assuré de son côté que les victimes pourraient, après des tests sérologiques, être vaccinées avec deux doses de réels vaccins anti-Covid.

L'Inde a franchi la semaine dernière la barre des 400.000 morts dues au Covid-19. Mais selon de nombreux experts, le bilan de l'épidémie dépasserait largement le million de morts, après une flambée galopante de l'épidémie en avril et mai, qui avait totalement submergé les hôpitaux du pays.

Cette recrudescence des cas a été attribuée au variant Delta, beaucoup plus contagieux, et à un relâchement des mesures de restriction. Le nombre de nouveaux cas quotidiens baissant nettement depuis quelques semaines, de nombreuses mesures ont été levées, faisant craindre une nouvelle vague de contaminations dans les prochains mois.

L'objectif du gouvernement est d'immuniser 1,1 milliard d'adultes d'ici la fin de l'année. Mais en raison d'une pénurie de vaccins, d'une administration désorganisée et d'une certaine réticence au sein de la population, seuls 5% des habitants ont jusqu'à présent reçu deux doses.

Article original publié sur BFMTV.com

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