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Inde : Macron invité d'honneur, les liens de défense renforcés

Le président français Emmanuel Macron arrive en calèche au défilé militaire marquant la fête de la Constitution indienne à New Delhi, le 26 juin 2024 (Ludovic MARIN)
Le président français Emmanuel Macron arrive en calèche au défilé militaire marquant la fête de la Constitution indienne à New Delhi, le 26 juin 2024 (Ludovic MARIN)

Chars, avions de chasse, lance-missiles et régiments en grand uniforme: le président Emmanuel Macron a assisté vendredi à un défilé militaire haut en couleur à New Delhi, sur fond de renforcement du partenariat industriel et de défense entre la France et l'Inde.

Le chef de l'Etat était l'invité d'honneur de l'homme fort de l'Inde, le Premier ministre Narendra Modi, pour la fête de la Constitution indienne, entrée en vigueur le 26 janvier 1950, deux ans après l'indépendance.

Les deux dirigeants ont assisté côte-à-côte à la parade depuis la tribune d'honneur selon un cérémonial mêlant tradition de l'Empire britannique et symboles de l'Inde contemporaine.

Emmanuel Macron a d'abord remonté la grande avenue conduisant à l'India Gate, l'Arc-de-Triomphe au coeur de New Delhi, dans un carrosse tiré par six chevaux et une garde d'honneur en grand apparat.

Après le coup d'envoi du défilé, au son de l'hymne indien et de 21 coups de canon, un contingent de la Légion étrangère, célèbre pour son pas cadencé et ses képis blancs, a ouvert les festivités, suivie d'un survol de deux chasseurs Rafale français.

Sous un soleil voilé par une nappe de pollution, chars russes T-90, cavalerie à dos de chameau, infanterie et figures militaires à moto se sont succédé sur un ton martial.

- Coopération militaire -

Chasseurs Soukhoï-30 et Tejas "made in India" ont ponctué le défilé, symbole d'une armée indienne encore équipée à 60% en matériel russe mais soucieuse de réduire sa dépendance.

Les femmes étaient aussi à l'honneur cette année dans le défilé et les chars fleuris vantant les mérites des 28 Etats de la Fédération d'Inde.

Loin de Paris, Emmanuel Macron a aussi continué de suivre la crise du monde agricole qui menace de bloquer la France, selon son entourage.

Narendra Modi, qui avait été l'invité d'honneur pour le défilé militaire du 14 juillet à Paris, lui a rendu la pareille six mois plus tard.

Le dirigeant nationaliste hindou, déterminé à afficher la puissance indienne sur la scène internationale, avait d'abord invité le président américain Joe Biden, qui n'a finalement pas donné suite sur fond de tensions après un projet d'assassinat d'un séparatiste sikh à New York.

La France lorgne de nouveaux contrats avec la cinquième économie du monde, de la défense aux réacteurs nucléaires.

L'Inde, soucieuse de son autonomie stratégique, continue de son côté à diversifier ses acquisitions. Elle a déjà acheté 36 Rafale français et est en négociation pour en acquérir 26 autres.

Elle souhaite aussi consolider sa base industrielle de défense à travers des coentreprises avec des groupes français, de Dassault au missilier MBDA, synonymes de transferts de technologie.

De l'aéronautique aux véhicules autonomes et à la cyberdéfense, une feuille de route a été conclue pour produire plus ensemble en Inde, a annoncé le ministère indien des Affaires étrangères.

- Articles "malveillants" -

Les deux pays, qui coopèrent depuis 60 ans dans le domaine spatial, ont aussi signé une déclaration d'intention pour des lancements de satellites.

Jeudi, Narendra Modi avait déjà sorti le grand jeu en invitant son hôte à parader dans les rues de Jaipur, capitale de l'Etat du Rajasthan, devant des dizaines de milliers d'Indiens en liesse scandant surtout "Modi, Modi".

A la fois première puissance démographique (1,43 milliard d'habitants) et puissance nucléaire, l'Inde est un poids lourd incontournable et de plus en plus courtisé.

La France entend de son côté être un acteur de la zone Asie-Pacifique et une puissance d'équilibre entre le Nord et le Sud.

Mais en s'affichant au côté du Premier ministre indien, le président Macron est aussi montré du doigt par les organisations de défense des droits humains qui dénoncent les dérives autoritaires du régime indien et la répression des minorités religieuses, notamment des musulmans.

Le cas de la journaliste française Vanessa Dougnac, menacée d'expulsion pour des articles jugés "malveillants", s'est aussi invité dans la visite. Le nouveau ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné devait s'entretenir du sujet avec son homologue indien.

bur-vl/ber