Inde: la liberté d'expression en question après la démission de deux éminents universitaires

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Ces académiciens connus pour leurs libertés de ton vis-vis du pouvoir auraient subi de fortes pressions de la part du gouvernement. Beaucoup s’inquiètent de la répression croissante de la liberté d’expression dans ce pays.

De notre correspondant en Inde, Sébastien Farcis

Pratap Bhanu Mehta est l’un des politologues indiens les plus reconnus, mais également l’un des plus critiques du gouvernement nationaliste hindou actuel. Celui qui avait bien accueilli l’élection de Narendra Modi en 2014, est aujourd’hui alarmiste: « Ce gouvernement est fasciste et il est profondément en train de changer l’Inde », a-t-il récemment déclaré.

Pratab Mehta réussissait à garder cette liberté de ton car il enseignait dans une université privée, celle d'Ashoka. Mais ceci n’a pas duré : il vient de démissionner, car le gouvernement demanderait sa tête pour accorder les les autorisations nécessaires à l’extension du campus. Une accusation démentie par la direction aujourd’hui.

Dans la foulée, Arvind Subramanian, directeur du centre de politiques économiques d’Ashoka, a également démissionné. Il s’inquiète du fait que même une université privée ne peut plus offrir un espace pour la liberté d’expression. Les étudiants ont organisé une manifestation d’environ 100 personnes sur le campus jeudi 18 mars.

La semaine dernière, le rapport de l’Institut suédois V-Dem a qualifié l’Inde d'« autocratie électorale » qui garde les apparences d’une démocratie, mais où le gouvernement sape l’indépendance de tous les contre pouvoirs.