Inde: le financement opaque des partis politiques

·1 min de lecture

La commission des élections vient de rendre public un rapport sur le financement des partis politiques en Inde par les entreprises et particuliers. Le parti nationaliste hindou au pouvoir, le BJP, a reçu l’énorme majorité de ces fonds. Mais ce qui inquiète est plutôt le manque de transparence de l’origine de ces fonds.

Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Le rapport détaille les fonds reçus et volontairement déclarés par le BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, soit 84 millions d’euros l’année dernière. Mais cela ne représente que la partie émergée de son financement. Car depuis 2018, un système opaque a été adopté.

Il permet aux entreprises d’acheter des coupons, appelées obligations, pour le financement de partis politiques. On connaît les sommes dépensées, qui s’élèvent en milliards d’euros chaque année, mais plus le nom des donateurs. Et ceci accroît la possibilité de collusion mafieuse entre les entreprises et les politiciens.

Argent sale blanchi

« Nous ne savons plus qui finance les partis et donc on ne sait plus si les décisions prises se font pour plaire aux donateurs ou dans l’intérêt de la nation, dénonce Jagdeep Chhokar, fondateur de l’Association for Democratic Reforms. Surtout, le gouvernement assure que c’est légal car ces dons se font à travers les banques. Mais beaucoup d’argent sale circule par les banques. Ce système permet donc de blanchir cet argent sale. »

La banque centrale avait elle-même jugé que ce mode de financement encouragerait le blanchiment d’argent. Mais le gouvernement n’a pas tenu compte de son avis. L'Association for Democratic Reforms ainsi qu’une autre ONG ont déposé un recours auprès de la Cour suprême pour suspendre ce système.

À lire aussi : Inde: les hauts fonctionnaires se rebiffent contre le pouvoir central