Inde : enceinte de neuf mois, une femme décède après avoir été refusée par huit hôpitaux

Inde : une femme enceinte décède après avoir été refusée par huit hôpitaux (illustration) (Photo : Abhisek Saha/Majority World/Universal Images Group via Getty Images)

Alors que sa grossesse était presque à terme et qu’elle souffrait de graves complications, une jeune femme âgée de 30 ans a vécu un véritable calvaire le 5 juin dernier à New Delhi (Inde) en se voyant refuser une hospitalisation dans huit établissements successifs.

Un drame qui illustre l’état catastrophique du système de santé indien. Âgée de 30 ans, Neelam Kumari Gautam est décédée le 5 juin dernier à New Delhi, alors qu’elle était sur le point d’accoucher. Souffrant de graves complications, elle avait auparavant tenté de se faire hospitaliser dans pas moins de huit établissement différents.

La défunte avait déjà été hospitalisée en mai

Selon Marianne, qui relaie des informations du New York Times, le calvaire de la jeune femme a duré une quinzaine d’heures. L’hebdomadaire rapporte qu’en mai, Neelam “avait déjà été hospitalisée pour de l'hypertension artérielle liée à la grossesse, des saignements et des soupçons de typhoïde”.

Lorsqu’elle fut réveillée, au matin du 5 juin, par d’intenses douleurs l’empêchant presque de respirer, la jeune femme a donc tout naturellement pris la direction de l’hôpital le plus proche, escortée par son mari. Les ennuis ont cependant véritablement débuté avec un premier refus.

Le bébé n’a pas survécu

Refoulé sans ménagement de l’hôpital ESIC de Noida, le couple va ensuite tenter sa chance dans sept autres établissements, en vain, malgré l’état grave de Neelam, en détresse respiratoire. Les justifications sont diverses, comme le précise Marianne : “Tantôt, on ne peut lui fournir les soins intensifs. Tantôt, on la soupçonne d’être atteinte du coronavirus. Parfois, il manque des lits pour l'accueillir...

Logiquement paniqué, le mari de la jeune femme finira même par contacter la police, mais l’intervention de cette dernière ne suffira pas à résoudre le problème. Transportée en ambulance d’hôpital en hôpital, Neelam Kumari Gautam décède finalement peu après 20h, tout comme son bébé.

Ils se moquaient qu'elle soit morte ou vivante

La responsabilité des services sanitaires de la capitale indienne, mise à l’agonie par la crise sanitaire du Covid-19, est clairement engagée dans ce drame. Une enquête préliminaire ouverte par le gouvernement a établi que “l'administration et le personnel de l'hôpital ont été reconnus coupables de négligence”.

Ils se moquaient qu'elle soit morte ou vivante”, affirme de son côté le mari meurtri. Pour leur part, les hôpitaux concernés n’ont pas vraiment assumé, certains directeurs d’établissement refusant même de répondre aux questions de la presse. “Nous avons fait ce que nous pouvions”, soutient toutefois l’administrateur du troisième hôpital visité par le couple. Difficile de lui donner raison...

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