Inde: les fêtes religieuses perturbées par la pandémie de coronavirus

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Les musulmans célébraient ce vendredi l’Aïd pendant que les hindous honoraient la déesse Lakshmi, en pleine pandémie. Alors que de nombreuses fêtes sont encore à venir au mois d'août, les villes et États essaient avec difficulté de limiter les attroupements.

Avec notre correspondant à New Delhi, Côme Bastin

C’est un Aïd très particulier qui a eu lieu ce vendredi en Inde, où l’on compte presque 200 millions de musulmans. Chaque État a édicté des règles pour limiter les risques de contagions durant cette fête religieuse, notamment la distanciation sociale dans les mosquées.

Dans le Maharashtra, l'achat des chèvres sacrifiées pour le rituel devait se faire en ligne, ce qui a provoqué une explosion des prix et de la colère. Dans l’Uttar Pradesh, un député du parti hindou BJP a choqué en déclarant que les musulmans « feraient mieux de sacrifier leurs enfants que des animaux ».

Les précautions s’imposent aussi pour les hindous, non sans difficultés. Le même jour, on célébrait la déesse de la Fortune Lakshmi. À Bangalore, le marché au fleur du centre-ville, un des plus grands d’Asie, était fermé pour éviter les attroupements. Mais cela a conduit les habitants à s’entasser ailleurs, comme l’explique Mala, venue acheter ses offrandes.

« Cette année le festival va se passer à la maison. Nous allons décorer la déesse avec des fruits et des fleurs. Mais regardez, les Indiens sont si heureux qu’ils oublient toutes les règles de distanciation sociale sur les marchés. C'est le chaos total ici, il faudrait que les autorités régulent ».

Alors que l’État du Karnataka est devenu un foyer majeur de l'épidémie, la municipalité de Bangalore a appelé ses habitants à la prudence. Et pour cause : le mois d'août voit se tenir de nombreux fêtes hindoues comme la naissance du dieu Krishna et la visite du dieu Ganesh. Entre santé ou piété, il faudra peut-être choisir.