Inde: un comique et une caricaturiste dans le viseur de la Cour suprême

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En Inde, la Cour suprême s’attaque à l’humoriste Kunal Kamara et la dessinatrice Rachita Taneja, tous deux très critiques envers le pouvoir. Les deux artistes risquent un procès pour avoir remis en cause l’impartialité de cette institution judiciaire.

Avec notre correspondant à Bangalore, Côme Bastin

Ils ont tous deux osé s’en prendre à la plus haute institution du pays et pourraient en payer les conséquences. L’humoriste Kunal Kamra et la dessinatrice Rachita Taneja doivent s’expliquer auprès de la Cour Suprême. Leur faute ? Avoir remis en cause l’indépendance de l’institution. Les deux artistes risquent un procès et de la prison.

Rachita Taneja est l’auteure d’une série de bandes dessinées baptisée « Serviettes hygiéniques », très critique envers la religion et le pouvoir. Dans un dessin, elle montre la Cour suprême, le parti BJP [Bharatiya Janata Party], et les médias proches du pouvoir main dans la main.

« Le BJP contrôle tout l’espace politique en Inde »

Kunal Kamra est un artiste de stand-up très engagé. Il avait déjà été interdit de vol sur toutes les compagnies aériennes pendant plusieurs mois après une altercation avec un journaliste pro-BJP. On lui reproche une série de tweets diffamant l’institution. Depuis sa loge, il confie à RFI qu’il assume ses propos.

« Le BJP contrôle tout l’espace politique en Inde, déclare-t-il. Donc j’ai fait une série de tweets, dans lesquels j’accuse la Cour suprême d’être le bras armé judiciaire du parti. S’ils veulent m’entendre, très bien, j’irais leur dire exactement ce que j’ai à dire. Parce que je pense qu’à ce stade, si on ne critique pas les puissants, qui va-t-on critiquer ? »

En août dernier, le procès très médiatisé d’un avocat accusé d’avoir terni l’image de la Cour suprême avait accouché d’une souris. Après avoir refusé de s’excuser, l'homme avait été condamné à payer une amende d'une roupie.