Inde: une avocate menacée après avoir publié une caricature d’une déesse hindoue

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Une caricature jugée offensante à l’égard d’une déesse hindoue provoque la colère d'une partie de la population en Inde. L’avocate qui l’a publiée a fait l’objet de menaces et la police a dû disperser des manifestants rassemblés devant chez elle.

Avec notre correspondant à Bangalore, Côme Bastin

Sur le dessin, on peut voir d’un côté, un homme écartant les jambes d’une femme, et de l’autre, le même homme réalisant une offrande à la déesse Durga, dont la fête est célébrée en ce moment en Inde.

Le message de cette caricature est implicite : en Inde, on vénère les divinités féminines... Mais des femmes se font également violer. L’image à l’origine des menaces a été postée lundi sur Twitter par l’avocate Deepika Singh Rajawat, connue pour son engagement contre les agressions sexuelles.

Immédiatement, les réseaux sociaux se sont enflammés pourréclamer son arrestation. De nombreux internautes hindous jugent le dessin blasphématoire au motif qu’il associe religion et viol.

La presse d’extrême droite s’est fait le relai de cette indignation. Mardi soir, une foule était rassemblée devant la maison de l’avocate au son de « nous allons creuser ta tombe ! ». La police a finalement dispersé les manifestants.

« J’ai reçu énormément de menaces mais je ne supprimerai pas ma publication », a répondu Deepika Singh Rajawat. De nombreux internautes lui ont aussi apporté leur soutien. Faisant un parallèle avec la France, le site féministe She The People juge que l’affaire illustre un climat mondial d’intolérance croissant à l’égard de la liberté d’expression.