Inclusion par le sport en France: le cri d’alarme des maires des quartiers populaires

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Lundi 1er février, Garges-Lès-Gonesse, ville du Val-d’Oise, accueillait le Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport. S’appuyant sur le « Plan banlieue » de 2017, des élus de tous bords proposent 10 mesures pour sauver le sport dans les quartiers populaires.

Depuis Garges-Lès-Gonesse,

Un Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport, organisé dans l’hôtel de ville de Garges-Lès-Gonesse dans le département le plus jeune de France, rassemblait des maires et des acteurs du sport, tous mobilisés pour sauver le sport dans les quartiers populaires.

En 2020, dans une tribune adressée à la presse, plus de 80 sportifs, présidents d’association et de fédération, maires ou adjoints réclamaient un « Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport » et la création d’un fonds de 50 millions d’euros qui devait garantir la « survie des associations impliquées dans les quartiers ».

« Le sport, droit bafoué pour les habitants des quartiers populaires »

« C’est un sujet brûlant. La Covid-19 est un coup de massue à nos clubs sportifs qui souffrent. Nous faisons tout notre possible en tant que maires. Dans nos villes populaires, nos bénévoles vont plus loin qu’être éducateurs sportifs, ils accompagnent les enfants », explique Benoit Jimenez, maire de Garges-les-Gonesses.

De grands sportifs sont issus des quartiers populaires comme l’indique Patrick Haddad, maire de Sarcelles, qui cite en exemple le footballeur Riyad Mahrez de Manchester City. « Le sport est un droit encore trop bafoué pour les habitants des quartiers populaires », lance même le Maire de Grigny, Philippe Rio.

Pour Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, le sport reste avant tout « le temps des petits bonheurs, le temps de la vie, le temps de la jeunesse ». Selon Valérie Pecresse, présidente de la région Ile-de-France, le lien entre la jeunesse et le sport ne doit pas « se déliter avec la Covid-19 ».

Les maires, premiers contributeurs financiers au sport amateur en France (12,6 milliards d’euros selon l’Insse), propose à l’État un plan de mesures comme la mise en place d’un fonds d’urgence pour soutenir les associations socio-sportives qui ont perdu beaucoup de licenciés. Ou encore un plan de 10 000 emplois orientés vers les associations sportives. En vue de l’été prochain, les maires souhaitent une relance estivale de la dynamique sportive dans les quartiers en difficultés.

Tenir le choc après la crise du coronavirus

Souvent, les champions d’hier viennent des quartiers populaires, comme l’ancien judoka Larbi Benboudaoud, responsable de l’équipe de France féminine et directeur de la performance de la fédération. « Je suis un gamin issu de ces quartiers populaires, témoigne-t-il. C’est important pour la Fédération française de judo d’avoir une base solide qui passe aussi par les quartiers populaires et les éducateurs. »

« On parle des difficultés du foot professionnel et on ne parle pas du foot amateur qui souffre énormément avec les disparitions des sponsors ou de la recette des buvettes. Combien de clubs vont pouvoir tenir le choc. Dans le foot, c’est la masse qui fait l’élite », avance Frédéric Thiriez, ancien président de la Ligue de football et candidat à la prochaine élection de la Fédération française de football.

« L’État ne vous laissera pas tout seul, a assuré par visioconférence la ministre des Sports Roxana Maracineanu. C’est le sport qui m’a permis de trouver ma place dans la société française, et je ne l’oublie pas. Ma conviction est que le sport est important dans les quartiers. » La ministre a indiqué que 30 millions d’euros seraient débloqués pour la construction d’infrastructures sportives dans les quartiers. Des emplois aidés et des services civiques devraient être mis en place, toujours selon Roxana Maracineanu.