«Inciser le temps», combinaisons spéciales

Libération.fr

Explorant cinquante ans de peinture française, l’exposition met en résonance une vingtaine d’œuvres d’artistes dans un dialogue intergénérationnel offrant de judicieuses rencontres.

Le principe à l’origine de cette exposition est d’une telle simplicité que les œuvres y ont le premier et le dernier mot. C’est rare : les commissaires et leur point de vue (sur le monde, sur l’art et son rôle) font souvent de l’ombre aux pièces qu’ils ont convoquées, les reléguant à un rôle illustratif qui finit par les rendre accessoires et invisibles. Dans «Inciser le temps», à la galerie municipale Jean-Collet, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), on ne voit qu’elles. C’est le premier mérite de cette exposition curatée par Alexandra Fau, sans effets de manche scénographiques ni laïus amphigourique. L’autre étant de tenter de pallier des blancs dans l’histoire de la peinture française de ces cinquante dernières années, de confronter et d’accoupler des tableaux et des artistes qu’on tient d’ordinaire bien séparés. Casés dans leurs époques respectives, dans leurs mouvements esthétiques ou dans la catégorie binaire plus grossière encore de l’abstraction ou de la figuration, les peintres de générations différentes ont finalement rarement l’occasion de se croiser. C’est peut-être un mal français : le dernier tenant de tel ou tel mouvement ferme la porte derrière lui, après avoir fait table rase. Au suivant d’inventer autre chose, à partir de rien.

Couches. L’expo montre modestement, en une vingtaine de tableaux, qu’on peut appréhender les choses autrement. Les tableaux se regardent donc deux par deux, et en fait très vite par trois, puis quatre tant les rapprochements opèrent. Une peinture de Rémy Zaugg affichant ces mots sur une surface parfaitement lisse et dans une teinte peu contrastée, «Quand fondra la neige où ira le blanc», fait ainsi face à celle de Mireille Blanc qui figure une main malaxant à la truelle une pâte plâtreuse et travaillant à une espèce de ragréage. On dirait que l’une (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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