Incident raciste à l'Assemblée: tollé dans la classe politique après les propos du député RN

La cheffe du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot, le 6 juillet 2022. (Photo d'illustrationà - Bertrand Guay
La cheffe du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot, le 6 juillet 2022. (Photo d'illustrationà - Bertrand Guay

Indignation au Palais Bourbon. Alors que le député LFI Carlos Martens Bilongo évoquait dans l'hémicycle la situation de l'Ocean Viking, qui transporte des migrants en Méditerranée, le député RN Grégoire de Fournas a crié "qu'il retourne en Afrique". Peu de temps après, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a mis fin à la séance, un fait rare.

La sortie, rapidement relayée sur les réseaux sociaux, a fait réagir l'ensemble de la classe politique. Des élus de la Nupes à leurs collègues des Républicains jusqu'à la Première ministre, tous les groupes parlementaires à l'exception du Rassemblement national ont condamné ces propos.

"Aujourd’hui on m’a renvoyé à ma couleur de peau", a déclaré Carlos Martens Bilongo, qui se dit directement visé par les propos de Grégoire de Fournas. "Je suis né en France, je suis député français, je ne pensais pas aujourd’hui qu’à l’Assemblée nationale j’allais me faire insulter."

"Aujourd'hui l'extrême droite a montré son vrai visage", a estimé de son côté la présidente du groupe insoumis à l'Assemblée Mathilde Panot. "Nous allons demander la sanction la plus forte, l'expulsion pour plusieurs mois" de ce député. Jean-Luc Mélenchon a quant à lui réclamé sur Twitter la "déchéance et l'exclusion de l'injurieur". Un rassemblement en soutien à Carlos Martens Bilongo doit se tenir vendredi à 13h, non loin de l'Assemblée nationale.

"Le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie"

Du côté de la majorité présidentielle, les députés Renaissance ont lancé une pétition en ligne appelant à la démission du député RN. Le groupe "ne siègera pas" avant une sanction lourde contre le député RN, a indiqué son vice-président Sylvain Maillard. "Ils ont beau mettre des cravates (...) c'est un mouvement profondément raciste. Leur dignité, ç'aurait été de le faire sortir", a-t-il ajouté. La plus haute instance collégiale de l'Assemblée se réunira dès vendredi à 14h30.

"Le racisme n'a pas sa place dans notre démocratie", a réagi la Première ministre Élisabeth Borne, en indiquant que "naturellement", le bureau de l'Assemblée nationale "devra prendre des sanctions".

Emmanuel Macron s'est par ailleurs dit "heurté" par les "mots intolérables" du député RN, a appris BFMTV auprès de l'entourage du président, confirmant les propos rapportés par l'AFP.

"Un ADN d'extrême-droite"

Les Républicains ont également apporté leur soutien à leur collègue de La France insoumise. "Il y a bien un ADN d’extrême-droite. Le racisme, voilà ce qui différencie l’extrême-droite de la droite", a notamment écrit sur Twitter Olivier Marleix, patron des députés LR.

Position partagée par son collègue Aurélien Pradié, qui apporte son "total soutien" à Carlos Martens Bilongo.

"La cravate ne suffit plus à masquer la misère politique et humaine d’un député RN", a tweeté le parlementaire, "à l’Assemblée Nationale siègent des députés de la Nation. D’où qu’ils viennent, qui qu’ils soient. Notre collègue représente la France".

Le RN soutient son député

Face à la polémique, le groupe RN prend la défense du député de Gironde et affirme qu'il parlait d'un "bateau" de migrants mentionné dans la question et pas de Carlos Martens Bilongo. Marine Le Pen, absente de l'hémicycle lors de la sortie de Grégoire de Fournas, a fustigé une polémique "grossière".

Invité à s'expliquer sur ses propos qu'il estime "détournés" par la France insoumise, le député RN a expliqué qu'il ne visait pas son collègue mais le bateau qui transporte les migrants et qui se trouve toujours en mer Méditerranée.

"J’assume totalement que les bateaux de migrants n’ont pas à venir dans les ports européens", a-t-il ajouté face aux journalistes.

Le député est convoqué vendredi au bureau de l'Assemblée nationale pour venir s'expliquer sur ses propos.

Article original publié sur BFMTV.com