Inceste : les vrais chiffres de la justice

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Dans la voiture, de retour de ­vacances d'été, une fillette de 6 ans dénonce, auprès de sa mère, les agressions sexuelles que lui aurait fait subir son père. La mère fonce au commissariat le plus proche. Deux ans plus tard, rien. La garde alternée est maintenue. De telles histoires, Isabelle Aubry, présidente de l'association Face à l'inceste, peut en conter des dizaines. Aujourd'hui, elle espère que le livre de Camille Kouchner, qui accuse son beau-père, le juriste Olivier Duhamel, d'avoir violé son frère il y a trente ans, contribuera à libérer la parole des victimes mais aussi des proches qui perpétuent l'omerta.

Car le nombre de plaintes déposées, comparé à l'ampleur estimée du phénomène, est dérisoire. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, en 2018, seules 7.260 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs commises dans le cadre familial ont été enregistrées… alors qu'une étude Ipsos de 2010 indique qu'un Français sur dix, soit 6,7 millions de personnes, se déclarent victimes d'inceste.

Peu de procédures aboutissent à des procès

"L'inceste est extrêmement difficile à dénoncer, décrypte Aude Darsonville, professeure de droit pénal à Paris-Nanterre et spécialiste des violences sexuelles. Il faut souvent des années après la majorité, donc l'éloignement du cercle familial, pour y arriver." La juriste constate des "familles déchirées, avec une partie qui soutient l'enfant, et l'autre l'auteur". Parfois, la révélation du ou des viols est au-delà du délai de prescript...


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