Inceste : enquête sur l'affaire Mannechez qui, en 2012, a été le symbole de l'aveuglement de la justice

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La jeune femme blonde aux yeux bleus sourit. Dans sa main, un test de grossesse brandi comme un trophée. Autour de Virginie ­Mannechez, 21 ans, ses parents, ses deux sœurs et ses deux frères. On a sorti les flûtes à champagne : l'aînée attend un enfant ! Le cliché d'une scène familiale joyeuse. Ce que la photo ne dit pas mais qu'aucun de ces visages radieux n'ignore, c'est que ce bébé à venir est le fruit des relations de Virginie avec son père, Denis. C'est la mère, Laurence, qui a acheté le test. "Tout le monde le voulait, cet enfant", dira la cadette du couple, Betty. L'arrivée de J. est attendue comme celle du Messie.

Treize ans plus tard, le 7 octobre 2014, c'est sous les yeux du jeune garçon que Denis Mannechez tue sa fille Virginie, ainsi que l'homme qui l'hébergeait. Deux morts. Un orphelin. Un drame qui porte l'inceste en son cœur. À deux reprises, en 2011 et en 2012, la justice s'est penchée sur l'histoire qui y a mené. À chaud, la façon dont elle l'a fait a soulevé des questionnements ; rétrospectivement, avec le regard que nous portons aujourd'hui sur l'inceste, elle apparaît sidérante.

Un clan au fonctionnement "pervers" vivant reclus sous l'emprise d'un père autoritaire

L'affaire éclate en 2002, peu avant la naissance de J., lorsque Betty porte plainte contre son père. Elle l'accuse de l'avoir violée, ainsi que sa sœur aînée Virginie, respectivement depuis l'âge de 8 et 10 ans, avec la complicité de leur mère, et dénonce des violences régulières. Les parents son...


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