Incendies en Gironde: les irréductibles vacanciers de retour au camping

Au Camping du Lac à Cazaux, miraculé de l’incendie qui a ravagé 7.000 hectares à la Teste-de-Buch (Gironde), les habitués sont de retour, bien décidés à rester là où ils se sentent en sécurité.

Dès l'annonce de la préfecture, samedi, que tous les habitants évacués des environs de La Teste-de-Buch pouvaient rejoindre leurs habitations, Jean-Marc Bregulla, le gérant du camping, était sur place. "La vie reprend ! Oui, la forêt a brûlé mais ça ne va pas nous empêcher de vivre et ici rien n’a bougé", assure-t-il, alors que l'odeur des pins brûlés stagne encore dans l'air.

Il s'en est fallu de peu. Le feu s'est arrêté à quelques mètres et Jean-Alain Claverie, 81 ans, et inconditionnel du camping depuis neuf ans, aperçoit les troncs calcinés depuis sa caravane. "Jamais je n'irais ailleurs", affirme-t-il de sa voix bourrue. Il apprécie le calme des lieux.

"C'est un camping familial, on se connait tous. Si je ne viens plus, c'est que je n'en aurais plus la force", explique ce retraité girondin, qui laisse sa caravane à l'année.

Son voisin d'emplacement, Bernard Galois, est arrivé au camping dimanche, pour lui pas question de reporter son voyage. Il vient ici voir son père, âgé, qui habite à proximité. "J'ai hésité à venir jusqu'au dernier moment mais la sécurité du camping étant assurée, je suis là", sourit-il.

- Rempli à 50% -

A l'entrée du camping, Marie-Noëlle et René Lepoge, retraités venus du Finistère, lisent leurs journaux à l'ombre de l'auvent de leur caravane. "On est bien ici, on restera comme prévu jusqu’au 14 août. On a laissé tout en plan ici (le 13 juillet) et quand nous sommes revenus, tout était tel que nous l'avions laissé", expliquent-ils soulagés.

Pour autant, les allées du camping sont bien calmes, plus que d'habitude. "C'est sûr qu'il y a eu des annulations, je suis rempli à 50% alors qu'à cette période normalement je suis complet", soupire Jean-Marc Bregulla. "Mais j'ai aussi des gens qui appellent pour savoir si le camping à rouvert, si ce n'est pas dangereux", relativise-t-il, attendant de voir ce que donnera le mois d'août.

Devant une dizaine de tentes installées dans un coin du camping, Hugo se remet doucement de la soirée de la veille. Ce saisonnier d'une vingtaine d'années est revenu au camping après avoir été évacué. "C'est le retour à la normale mais pas tout à fait. D'habitude on est presque trente saisonniers ici. Beaucoup de maitres-nageurs-sauveteurs sont partis car les plages sont fermées et ils ne peuvent plus travailler. L'ambiance n'est plus tout à fait la même", déclare-t-il, morose.

Cependant, pour attirer à nouveau les touristes, Jean-Marc Bregulla pourra compter sur la Dune du Pilat, fermée exceptionnellement en raison des incendies, et de nouveau accessible dès mercredi. "La Dune du Pilat c'est comme le Mont-Saint-Michel ici, huit campeurs sur dix veulent y aller", souligne le gérant.

Le maire de La Teste-de-Buch, Patrick Davet, l'a assuré lors d'un point presse mardi, "le bassin n'a pas changé, tout ce dont les vacanciers doivent s'inquiéter maintenant, c'est de savoir si l'eau est à 24 ou 28°C", a-t-il lancé comme une boutade tout en appelant à la prudence, les feux n'étant toujours pas éteints.

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