Incendie à Rouen: les manquements de l’entreprise Lubrizol pointés par les services de l’Etat

INFO BFMTV - Un rapport de la Direction régionale de l’environnement pointe plusieurs manquements liés à la gestion du risque d’incendie de la part de Lubrizol. Le site qui est parti en fumée il y a presque deux mois avait, par exemple, une réserve d’eau anti-incendie en quantité insuffisante.

Depuis le spectaculaire incendie de Lubrizol à Rouen, l’entreprise chimique est dans le collimateur de la justice. La semaine dernière, BFMTV apprenait de sources proches de l’enquête qu’un procès-verbal d’une dizaine d’infractions visant l’usine avait été dressé par la Direction régionale de l’environnement (DREAL). Ce mardi, les contours de ces entorses à la loi, qui tournent autour de la gestion du risque incendie, se dessinent un peu plus clairement.

Il apparaît que la société d’industrie chimique, partie en fumée le 26 septembre dernier, n’avait pas de caniveau permettant d’éviter la propagation de nappes de produits inflammables. Elle manquait également de détecteurs incendie dans les zones de stockage extérieures à l'entreprise et de réserve d’eau anti-incendie. Par ailleurs, son étude des phénomènes dangereux, imposée à toutes les entreprises Seveso, n’est pas complète: elle ne prend pas en compte le risque d’incendie lié aux fûts stockés dans la partie extérieure de l'entreprise.

Normandie Logistique également mise en cause

Toutes ces infractions ont été jointes à l’enquête qui devra déterminer si elles ont eu des conséquences sur la propagation de l'incendie. Les trois juges d'instruction qui diligentent les investigations ont visité pour la première fois, mercredi 6 novembre, les sites sinistrés de Lubrizol et de l’entreprise voisine, Normandie Logistique. Celle-ci semble, elle aussi, avoir commis des manquements selon un rapport de la DREAL qui pointe huit infractions. L’avocat de Normandie Logistique, Me Thomas Carrera, s’est toutefois empressé de réagir, affirmant qu’il n’y avait "aucun rapport entre les éléments relevés dans ce compte-rendu et l’origine du sinistre ou sa propagation".

Pour l'heure, les causes de l’incendie demeurent inconnues mais, selon nos informations, il est désormais établi que le feu s’est déclaré dans une zone mitoyenne entre Lubrizol et Normandie Logistique. Les enquêteurs doivent désormais identifier le point de départ exact du sinistre qui a fait partir en fumée 5253 tonnes de produits chimiques sur le site de Lubrizol et 4252 tonnes de produits sur le site de Normandie Logistique. Chacune des entreprises se défend en assurant que le feu s'est déclaré à l'extérieur des locaux.

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