"Impossible" d'évacuer tous les personnels afghans de Kaboul pour le 31 août

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Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell estime qu'il est "mathématiquement impossible" d'évacuer tous les collaborateurs afghans des pouvoirs occidentaux avant le 31 août, date du retrait définitif américain.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell juge ce samedi "impossible" d'évacuer tous les collaborateurs afghans des pouvoirs occidentaux avant le 31 août et déplore que les mesures de sécurité prises par les États-Unis à l'aéroport de Kaboul entravent cette évacuation.

"C'est mathématiquement impossible"

L'administration américaine a fixé au 31 août la date du retrait définitif de ses forces d'Afghanistan et prévoit d'évacuer plus de 30.000 Américains et civils afghans. 

"C'est mathématiquement impossible", a jugé Josep Borrell dans une interview à l'AFP. "A ce que je sache, les Américains n'ont pas annoncé qu'ils allaient rester au delà de cette date. Mais ils peuvent changer d'avis", a-t-il ajouté.

"Le problème est l'accès à l'aéroport. Les mesures de contrôle et de sécurité des américains sont très fortes. Nous nous sommes plaints. Nous leur avons demandé de montrer plus de flexibilité. Nous n'arrivons pas à faire passer nos collaborateurs", a-t-il confié.

La seule délégation de l'UE a Kaboul compte environ 400 collaborateurs afghans et leurs familles. Elle a promis de les évacuer, mais 150 seulement sont à ce jour arrivés en Espagne. 

"Il s'agit des collaborateurs actifs. Mais le nombre des Afghans qui ont travaillé avec nous au cours de ces 20 années est beaucoup plus important", a-t-il souligné.

6000 soldats pour sécuriser l'aéroport

"Kaboul compte deux aéroports. L'aéroport civil est entre les mains des talibans et aucun vol ne part. Les Américains contrôlent l'aéroport militaire. Les avions embarquent les gens qui sont sur le tarmac. Dans l'avion qui est arrivé à Madrid aujourd'hui, un tiers des passagers sont américains", a-t-il précisé.

"Si les Américains partent, les Européens n'ont pas la capacité militaire d'occuper et de sécuriser l'aéroport militaire et les talibans prendront le contrôle", a-t-il affirmé.

Les Américains, avec les Britanniques, ont déployé 6000 militaires pour contrôler l'aéroport militaire.

"Parler ne veut pas dire reconnaître"

Josep Borrell juge par ailleurs nécessaire de discuter avec les talibans. "Si vous voulez faire sortir votre staff, il faut discuter avec les talibans", a-t-il expliqué.

"Tout le monde cherche à passer des accords avec les talibans. Nous avons des contacts avec les talibans, mais pas avec les dirigeants", a-t-il précisé. "Parler ne veut pas dire reconnaitre", a-t-il insisté.

"Mais il sera impossible de faire sortir de Kaboul tous les afghans qui ont besoin de protection. C'est impossible. C'est inimaginable. Il ne faut pas raconter d'histoires. Il y a des priorités. Nous voulons faire sortir nos ressortissants et les collaborateurs afghans", a-t-il averti.

Article original publié sur BFMTV.com

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