«Le plus important, c'est de s’écouter»: comment les jeunes photojournalistes appréhendent le danger

La guerre en Ukraine a jeté une lumière parfois crue sur le travail des photojournalistes en temps de conflit. Elle est, aussi, un terrain d’apprentissage pour les moins aguerris, l’occasion de « faire ses armes ». À l’occasion du festival Visa pour l’Image de Perpignan, deux jeunes professionnels racontent leur rapport au danger, et leur vision du métier.

De notre envoyée spéciale à Perpignan,

L’un a vendu ses premières photos à Associated Press et Libération à 20 ans, l’autre a fait ses premières armes au Liban. Les deux ont grandi avec l’amour de l’image et de la photographie. « Au début de ma carrière, je partais toujours en finançant mes sujets. C’est la seule solution quand on débute. Ça ne peut pas marcher du jour au lendemain, on est inconnu. » Chloé Sharrock est photojournaliste depuis six ans et membre de l’agence Myop. En 2017, elle décide de partir toute seule au Liban, des idées plein la tête : « Ça a été un échec parce que je n’ai quasiment pas vendu d’images, je n’avais encore aucun contact dans le milieu. Je ne connaissais pas encore le fonctionnement. On ne peut pas faire un sujet juste parce qu’on le trouve cool et que ça nous plaît. »

Autodidacte, la jeune femme n’a aucune formation dans la photo. Pour elle, l’expérience sur le terrain et les rencontres avec des confrères ont été un véritable apprentissage. « Un journal ne nous donnera pas 4 000 € pour aller à l’autre bout du monde. Il faut réussir à vendre ses sujets pour rentrer dans ses frais et faire du profit. Au fur et à mesure, on trouve sa place, on construit son réseau, notamment auprès des rédactions, mais aussi de collègues rencontrés sur le terrain. »


Lire la suite sur RFI