Immunothérapie : truquer les cellules pour traquer le cancer

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Les progrès récents de l'immunothérapie suscitent de grands espoirs dans le traitement de certains cancers. Son principe : modifier les cellules de notre système immunitaire afin qu'elles combattent les tumeurs qui tentent de lui échapper. Les succès sont réels.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - Les Indispensables n°207, daté octobre/ décembre 2021.

Et si, pour vaincre le cancer, il suffisait de réveiller un mécanisme de lutte qui sommeille en chacun de nous ? Ces dix dernières années, un nouveau candidat au potentiel prometteur est venu s’ajouter à l’arsenal thérapeutique anticancer, suscitant de grands espoirs. Son nom : l’immunothérapie.

Une tendance qui s'est inversée

Sur le papier, le principe est simple : aider les défenses naturelles de notre corps - le système immunitaire - à reconnaître, attaquer et éradiquer les cellules détraquées qui prolifèrent sans limite, forment des tumeurs et causent, in fine, la mort des personnes touchées. L'idée ne date pas d'hier. À la fin du 19e siècle, le chirurgien américain William Coley avait déjà imaginé un tel concept ; il entendait stimuler les défenses de l'organisme en lui injectant un corps étranger, par exemple une bactérie, afin de les rediriger vers l'amas tumoral. Hélas, la communauté médicale balaya cette conception considérée comme saugrenue, la chimiothérapie naissante semblant bien plus prometteuse. Un siècle plus tard, la tendance est inverse : sous l'impulsion de plusieurs chercheurs à travers le monde, le concept a ressurgi dans les années 1990. Et depuis une dizaine d'années, l'immunothérapie a véritablement le vent en poupe, car les scientifiques comprennent de mieux en mieux ce que l'on appelle "l'immunologie du cancer".

Une fois les lymphocytes inactivés, la tumeur peut croître à l'abri des défenses de l'organisme

Les cellules tumorales faisant partie de l'organisme, on a longtemps pensé qu'elles échappaient à la vigilance du système immunitaire. En effet, sauf cas exceptionnel les maladies auto-immunes, notamment, celui-ci apprend à ne pas s'attaquer au corps qu'il est chargé de défendre. Mais au fil des mutations génétiques qu'elles subissent, les cellules cancéreuses acquièrent la particularité d'exprimer à leur surface des antigènes, des[...]

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